Les sacrements

(Propositions pour une foi contemporaine)

 

Les sacrements sont des gestes particulièrement importants dans l’Eglise. Dans l’Eglise catholique, il y a sept sacrements : le baptême, la confirmation, la communion (Eucharistie), la confession (pénitence ou réconciliation), l’ordination, le mariage et l’extrême onction (sacrement des malades). Dans les protestantisme, il n’y en a que deux : le baptême et la communion. Dans tous les cas, le sens d’un sacrement est d’être « signe visible de la grâce invisible de Dieu ». Autrement dit, un sacrement est un geste que nous pratiquons dans nos cultes pour dire non pas le détail de la Parole de Dieu comme dans la prédication, mais par un geste la grâce de Dieu ,c’est à dire l’amour inconditionnel de Dieu pour chacun de nous et le fait qu’il nous accueille et nous reçoit quoi que nous soyons.

Le mariage n’est pas un sacrement pour les protestants, parce que tous ne sont pas destinés à se marier, les Réformateurs, ont donc considéré que ce rite ne pouvait être un bon signe de la grâce de Dieu qui est universelle. Mais cela ne veut pas dire que le mariage ne soit pas important, il y a des tas de gestes essentiels dans l’Eglise qui ne sont pas à proprement parler des « sacrements ».


Le baptême et la confirmation

Le premier sacrement est donc le baptême. Dans l’Eglise Protestante Unie on pratique le baptême d’enfants. C’est précisément parce que le baptême n’est pas le signe de l’engagement de la personne, mais juste celui de la grâce et de l’amour de Dieu qui est donné sans condition à chacun, sans se demander s’il en est ou sera digne ou pas. Ainsi par le baptême, les parents disent leur foi que l’amour de Dieu accompagne leur enfant, et que Dieu le reçoit comme son enfant aimé dès le début de sa vie. Ainsi la vie chrétienne n’est-elle pas de tenter de gagner l’amour de Dieu ou de mériter sa grâce, mais d’apprendre à répondre à une grâce qui nous précède.

Le baptême a aussi un sens vis-à-vis de l’Eglise, c’est de dire que le petit enfant est bienvenu dans l’Eglise, et cela en tant que ses parents sont chrétiens. Mais ce n’est pas par le baptême qu’on devient chrétien. Etre chrétien, c’est un acte personnel une décision qu’on ne peut faire qu’en conscience. C’est la question qu’on pose à partir de l’adolescence, de savoir si celui qui a été accueilli enfant dans l’Eglise confirme ou non son appartenance à l’Eglise, et s’il veut en faire partie non pas seulement en tant que ses parents en font partie, mais parce que lui le veut personnellement en connaissance de cause. C’est la « confirmation ».

La confirmation n’est pas appelée « sacrement » parce que ce geste important n’a pas d’origine dans l’Evangile, c’est une invention de l’Eglise,  et qu’elle dit plus l’engagement du fidèle que la grâce de Dieu. Le baptême est le signe de la grâce, confirmation est la réponse. A son baptême, on dit à l’enfant qu’il est aimé par Dieu, à sa confirmation, on lui demande s’il veut aimer Dieu en retour. Au baptême, il est dit que Dieu accepte cet enfant comme son enfant, à la confirmation on lui demande s’il accepte Dieu pour son père spirituel.

Ainsi la confirmation n’est pas la confirmation des voeux du baptême comme on l’entend dire parfois, l’enfant ne fait aucun voeu à son baptême. Mais c’est la confirmation de l’alliance avec Dieu. Le baptême, c’est Dieu qui s’engage, comme un artisan qui signe un devis qui l’engage. La confirmation confirme l’alliance, valide le contrat en quelque sorte, comme celui qui accepte le devis de l’artisan en signant à son tour à côté pour mettre en œuvre ensemble quelque chose.

Pour pouvoir confirmer, le jeune doit évidemment savoir à peu près de quoi il est question. C’est pourquoi on lui propose ce geste après avoir suivi un catéchisme. A l’issue, il est supposé savoir à peu près le contenu de l’enseignement du  Christ et avoir une certaine connaissance de ce qu’est concrètement l’Eglise. Il peut donc se prononcer et savoir s’il est plutôt favorable à l’enseignement du  Christ et s’il veut bien , ou non, dire qu’il accepte de faire partie de l’Eglise.

Bien sûr, il est difficile de demander à tout un groupe d'être prêt de la même manière pour un geste dont on impose le moment. Donc forcément le geste peut être vécu de manière différente, avec des maturités différentes. La confirmation n'est pas une sorte de label d'une foi extraordinaire, ni d'une consécration totale au service du Christ, ni d'une piété exemplaire, ou d'un sens mystique remarquable. C'est juste un geste simple de dire que globalement, à l'instant donné, le jeune est prêt à se dire chrétien, (ou protestant), est plutôt en accord avec les valeurs de l'Evangile, ou  veut bien être considéré comme faisant partie de l'Eglise.  De toute façon, la foi reste un questionnement et un cheminement...

Par ailleurs, ce n'est pas l'engagement « à vie » (les Réformateurs étaient contre les « voeux perpétuels », à juste titre) de « vivre et mourir dans la religion chrétienne » comme on disait autrefois. (Les Réformateurs étaient contre les « voeux perpétuels », à juste titre). Mais il s’agit d’une parole de bonne volonté que chacun peut dire, à son niveau, vis à vis de l'Evangile et de l'église. Il ne faut donc pas survaloriser le geste comme quelque chose d'immense, c'est juste une porte qu'on veut bien ouvrir sur l'Eglise. Ce qu'ils en feront ensuite leur appartient, mais de toute façon, nous sommes sous la grâce.

Ainsi, confirmer est toujours un geste positif, et il est peut-être dommage même d’avoir repris ce terme catholique de « confirmation » qui est pour eux un sacrement d’une extrême importance, pour un geste finalement juste sympathique de bonne volonté vis à vis de l’Evangile et de l’Eglise que traditionnellement on appelait dans l’Eglise réformée : « réception des catéchumènes dans l’Eglise ». Dans l’Eglise de toute façon chacun est bienvenu, et chacun peut en sortir quand il veut. Une fois encore le geste liturgique n’est pas essentiel mais n’est là que pour dire quelque chose qui peut être sans le geste.


Le communion
La communion est le second des sacrements protestants, on l’appelle aussi « sainte cène », et les catholiques la nomment « eucharistie ».

Elle se fait en mémoire du dernier repas fait en commun avec ses disciples où Jésus leur a tendu le pain en disant « prenez et mangez, ceci est mon corps » et le vin en disant « ceci est mon sang », et il a dit : « faites ceci en mémoire de moi ».

Il y a donc une dimension de mémorial dans ce que nous faisons en répétant ces paroles et en partageant le pain et le vin : se souvenir du Christ qui a offert sa vie pour nous.
Mais aussi dit-on que le pain représente le corps du Christ et que le vin représente le sang du Christ. Dans la théologie protestante, la présence du Christ dans le pain et le vin (les « espèces ») est donc symbolique.

 

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