Ananias et Sapphira: un meurtre de l'Apôtre Pierre

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Prédication prononcée le 22 mai 2016, au Temple de l'Étoile à Paris,

par le pasteur Louis Pernot

 

Le récit de la mise à mort d’Ananias et Sapphira par Pierre parce qu’ils n’avaient donné que la moitié du prix de la vente de leur champ à l’Eglise est non seulement curieux, mais aussi tout à fait scandaleux ! Comme on est loin du message de grâce, de pardon d’accueil du Christ !

Ce récit brutal est évidemment choquant et s’il est inadmissible tel quel, il a au moins un mérite, c’est de montrer qu’on ne doit pas lire la Bible au pied de la lettre. Il montre le danger et l’absurdité du fondamentalisme. Les protestants sont prompts à brandir leur grand principe : sola scriptura, « l’Ecriture seule », mais il faut prendre le recul nécessaire par rapport à la littéralité de cette écriture. Heureusement que la Bible n’est pas à appliquer à la lettre, nous n’avons pas à vouloir faire comme les apôtres, et foudroyer ceux qui ne donneraient pas tout ou même qui mentiraient. On peut donc assumer en tant que chrétien : même si Pierre a agi de la sorte, on peut dire qu’il ne faut faire ainsi ! Et même, on peut espérer que ça ne s’est pas vraiment passé comme ça. Sans doute est-ce un récit pédagogique, une sorte de fable ? On peut déjà avoir des doutes sur le fait que tous les miracles de l’Evangile se soient bien passés comme il est écrit... mais après tout pourquoi pas, quand Jésus guérit un malade, ressuscite un enfant, c’est sympathique et on aimerait que ça puisse être vrai. Mais là on peut espérer que cette histoire n’est pas vraie, que jamais un Apôtre n’a fait une chose pareille au nom de Jésus Christ. Et si cela devait être vrai et en plus devenir une histoire sainte et exemplaire, alors ce ne serait pas ma religion ! Il ne s’agit pas de faire le tri dans l’Ecriture en fonction de ce que l’on aime ou pas, mais c’est une question de cohérence, le Christ a enseigné la grâce, le pardon, l’accueil du pécheur, il nous a demandé de ne pas juger, et lui-même n’a condamné personne à mort. Donc au nom de la cohérence, ce récit des Actes est discordant et simplement inadmissible.
Alors qu’en faire ?

La quasi totalité des commentaires existant sur ce passage tentent d’une manière louable de sauver le texte, et disent en quelque sorte que certes, il est choquant, et sans doute légendaire, mais que c’est un récit pédagogique. Il appartiendrait à un genre littéraire reconnu dans la Bible qui est celui de la « punition de Dieu ». C’est une manière de mettre en garde contre le mal et ses conséquences. Selon l’Evangile, on pense bien que Dieu ne punit pas, mais que néanmoins, tout n’est pas indifférent, le mal a des conséquences. Or dans la théologie primitive, on attribuait tout à Dieu, le bien et le mal, et donc on pouvait affirmer que le mal était « puni » par Dieu, cette punition n’étant en fait que la conséquence inévitable d’une attitude perverse. C’est tout le message des prophètes qui proclament que si le peuple se comporte mal, il y aura des catastrophes diverses, et que s’il se comporte bien, tout ira bien. La raison en est que le bien et le mal ne sont pas imposés au monde d’une façon arbitraire, mais que par définition, le mal provoque du mal et le bien fait du bien.

Dans l’Evangile, on trouve encore ce genre de récit, mais pas trop concernant des humains directement, sans doute cela aurait-il été trop en contradiction avec le message du Christ, mais on en voit les traces dans des propos évidemment symbolique pour montrer l’aspect mortifère de certaines manières d’êtres, dans certaines paraboles, comme celle des mines ou des vignerons, ou concernant le figuier desséché par Jésus. Dans ce dernier cas par exemple, c’est pour dire que celui qui ne produit pas de fruit, qui ne sait pas donner quand l’autre a besoin, il risque tout simplement de se dessécher en se recroquevillant sur lui-même.
Ainsi dans notre récit avec Ananias et Sapphira, ce pourrait être une mise en garde contre quelque chose de grave et de mortifère.

Le fond de leur erreur ne semble pas vraiment être qu’ils n’aient pas tout donné aux Apôtres, mais plutôt qu’ils aient menti, et nous pouvons voir ainsi la gravité du mensonge comme quelque chose qui fait beaucoup de mal et de dégâts, tant sur le menteur que sur la communauté où il se trouve.

Le mensonge en effet est fondamentalement dangereux.

Par rapport aux autres d’abord, le mensonge fausse les relations, il fait perdre la confiance que peuvent avoir les autres vis-à-vis de soi, et il rend impossible, en fait, toute vie collective ou communautaire car le mensonge est une maladie de la relation à l’autre qui est la base de toute communauté, que ce soit par rapport à son conjoint, ses enfants, sa famille, son Eglise ou ses amis. De ce point de vue, on peut dire que le mensonge est mortifère en ce qu’il tue le groupe en tuant ce qui en est l’âme.

Ensuite le mensonge est dangereux par rapport à soi-même. On peut se mentir à soi-même, c’est-à-dire refuser de voir les choses en face, d’être clairvoyant par rapport à ce que l’on est ou n’est pas. Or cela empêche de vivre sa propre vie, il faut pour cela s’assumer, s’accepter en connaissant ses forces et ses faiblesses.

Et enfin, on peut aussi mentir à Dieu, or on ne peut vivre en paix avec Dieu que si on est franc avec lui. C’est le sens de la confession des péchés : reconnaître ses propres fautes, regarder les choses en face et ne pas chercher à les travestir.

En fait, pour vivre bien avec soi-même et bien avec les autres, et par rapport à ce que Dieu représente comme universalité et exigence ultime, nous avons besoin d’une parole claire, franche, droite et vraie. La langue de bois, les dissimulations, les hypocrisies sont des poisons. Ceux qui prétendent être quelque chose et qui sont autre chose se tuent eux-mêmes et tuent la communauté à laquelle ils appartiennent ou qu’ils représentent. On en voit des illustrations dans le domaine de la vie publique : la pédophilie est une crime, on en trouve chez tous ceux qui ont charge d’enfants, mais elle d’autant plus insupportable quand elle est le fait de prêtres car ils prétendent vivre purs et sans sexualité. Et ces prêtres coupables sont bien sûr finis dans leur vie publique et dans leur ministère, mais l’Eglise aussi est gravement blessée par ces mensonges. Le scandale des hommes politiques véreux est aussi très clair : quand un ministre qui se fait l’apôtre de la lutte contre la fraude fiscale jure qu’ils ne triche pas, et est pris en trichant lui-même, il devient mort politiquement, publiquement et même socialement, et là encore, le dommage à l’égard de la communauté politique qui perd la confiance des citoyens est considérable.

Ce à quoi nous invite l’Evangile, c’est de « confesser », mot qui signifie « reconnaître publiquement ». On peut ainsi confesser sa foi : dire franchement et publiquement à quoi l’on croit, et confesser son péché ce qui est de reconnaître aussi ses manques. La parole véritable franche est la source de la vie, la base de toute relation solide avec les autres. C’est vrai même pour les petits bébés, comme l’a montré Françoise Dolto qui incitait à dire la vérité aux enfants, même tout petits, il faut leur dire ce qui est, faute de quoi ils ne peuvent pas se construire sur la réalité, ni même nouer des relations solides avec les autres. Et la psychanalyse abonde dans ce sens, même par rapport à soi, elle incite l’analysant à pouvoir vivre sa propre vie en tentant de retrouver ce que son inconscient veut lui cacher.

Cette histoire d’Ananias et Sapphira illustre donc d’une manière saisissante une vérité tout à fait essentielle, et l’aspect mythologique de leur histoire renvoie certainement à une autre histoire d’un couple péchant gravement et condamné à mort : Adam et Eve. Eux aussi désobéissent de connivence pour s’approprier ce qui appartient à Dieu. Et comme Adam et Eve étaient dans un paradis, Ananias et Sapphira sont dans une sorte de paradis qui est cette Eglise primitive idyllique : tout était en commun, il n’y avait pas de pauvres (dit-on), une merveilleuse concorde régnait... Les Actes de Apôtres nous montrent ce commencement de l’Eglise comme un paradis dans lequel va s’infiltrer la mort par le mensonge, la dissimulation et l’égocentrisme. Ainsi Ananias et Sapphira seront condamnés à mort, tout comme Adam et Eve. Sauf que précisément dans le Genèse, Adam et Eve ne meurent pas, la conséquence immédiate de leur péché, c’est la disparition du Paradis. Dans les Actes de même, cette histoire de tromperie met fin à l’utopie de l’Eglise parfaite qui partage tout. Et à partir de là d’ailleurs, on n’en entendra plus parler. C’est donc le mythe de l’Eglise parfaite, de la communauté idéale qui meurt par cette espèce de péché originel.

Et si on veut aller plus loin dans le rapprochement de ces deux textes, on peut dire que la faute est dans les deux cas de vouloir s’approprier quelque chose qui normalement appartient à Dieu. C’est le péché originel, Adam et Eve veulent décider de ce qui est bien et mal à la place de Dieu et à partir d’eux seuls, comme s’ils étaient le centre de la création, et leur bon vouloir le criterium du bien et du mal. Le péché d’Ananias et Sapphira c’est de s’attribuer à eux-mêmes une part qui normalement appartenait à Dieu. C’est un péché reconnu dans l’Ancien Testament, comme en Josué 7:16-26 où Akân s’attribue la part de butin livré à « l’interdit » . Il sera d’ailleurs lapidé pour ça et brûlé...

On pourrait continuer ainsi encore, à justifier le texte, comme le font 99% des commentaires bibliques. Mais on peut avoir le sentiment que ce ne sont que des jeux intellectuels, et que toutes ces pseudo-justifications ne sont qu’artificielles. Et que dans le fond, il faut bien admettre que ce texte est absolument scandaleux, inadmissible. Non, en aucun cas on ne peut justifier ce meurtre par Pierre, ou même fût-il par Dieu. Pierre a eu tort, c’est un assassin, et c’est tout.

Peut-être même que la fonction de ce texte n’est pas de nous faire la morale pour montrer le danger du mensonge ou autre chose, mais de nous montrer comment à partir d’une bonne idée évangélique, on peut dériver et faire le mal. Ce texte montre sans doute le danger d’une Eglise qui a un idéal trop haut, ou d’un responsable d’Eglise qui se prend trop au sérieux.

D’ailleurs cette Eglise primitive peut sembler fort perverse. Il n’est pas du tout évident qu’elle soit si exemplaire que ça. Cette utopie communautaire est une folie, un poison dangereux qui n’a conduit les premiers chrétiens qu’à la misère, Paul devant courir le bassin méditerranéen pour faire la quête pour « les pauvres de Jérusalem », en invitant ses fidèles à travailler, eux. On voit là à quoi mène l’idéalisme trop élevé qui finit par tuer ceux qui ne sont pas parfaits, on voit le danger d’une idéologie qui donne trop d’importance à la communauté et qui alors tue l’individu.

La véritable « Eglise » d’ailleurs naîtra vraiment qu’après cette chute, après qu’ils aient renoncé à vouloir vivre sur terre la perfection céleste. Ce n’est en effet qu’en Actes 5:11 qu’apparaît pour la première fois le mot « Eglise » dans les Actes. On pourrait ainsi dire même que ce récit fonde l’Eglise réelle comme une communauté dans laquelle justement il y a du péché.

Quand au projet primitif où les croyants étaient « un seul corps et une seule âme » (Actes 4:32) fait penser fortement à ce que l’on disait des hommes de Babel qui n’avaient qu’un seul langage avec les mêmes mots. Et heureusement Dieu va s’opposer à ce projet uniformisant et écrasant.

Les pères de l’Eglise utilisaient le texte d’Ananias et Sapphira pour montrer que Pierre était bien le chef de l’Eglise et que celle-ci avait le pouvoir d’excommunier. Mais pourquoi pas celui de mettre à mort pendant qu’on y est ? Non, cette lecture est inadmissible. Pierre est là indéfendable. Il a eu tort de tuer Ananias et Sapphira, il s’est mal comporté, et même son projet d’Eglise parfaite et exemplaire était mauvais et pervers.

La Bible n’est pas la Légende dorée elle ne fait pas que de donner des exemples moraux à imiter. Elle montre une humanité pécheresse et ces récits permettent de nous faire réfléchir. Même les plus grands hommes de l’Ecriture sainte, les patriarches, ont fait des fautes parfois gravissimes : Abraham qui prostitue sa femme auprès du Pharaon pour avoir la vie sauve, ou bien sûr David qui fait tuer Urie le mari de sa maîtresse Bath-Shéba. Tout cela est injustifiable, et n’a pas empêché Abraham d’être le père des croyants, et David d’être un grand roi, l’oint du Seigneur. Ainsi certainement Pierre a été un grand apôtre, mais cela ne veut pas dire qu’il ait toujours bien fait.

Et ici particulièrement, Pierre a eu tort. Son erreur a été sans doute d’avoir un objectif trop élevé pour son Eglise, de croire qu’elle pourrait vivre sans péché. C’est l’erreur d’oublier que tout homme est pécheur, et « qui veut faire l’ange fait la bête ». Pierre a eu tort de s’octroyer le droit de juger alors que Christ lui-même nous a demandé de ne pas juger. Chacun fait comme il peut et nous somme sauvés non par nos œuvres, mais par la grâce de Dieu. Et puis l’erreur de Pierre a été aussi de confondre l’Eglise avec le Saint Esprit, et de se prendre pour Dieu. Il dit : « tu n’as pas menti aux hommes mais à Dieu ». Mais Ananias n’a menti ni à Dieu ni au Saint Esprit, c’est à Pierre qu’il a menti, et c’est l’Eglise qu’il a trompé, pas Dieu. Mais quand on prétend que l’Eglise a le monopole du Saint Esprit elle devient dangereuse. Diviniser la communauté est une tentation mortelle. C’est en fait Pierre qui est coupable là du péché originel ! Il se prend pour le centre du monde, et c’est ça qui est source d’exclusion et de mort. Pierre n’est donc pas du tout un bon exemple, au contraire, il nous montre que quand on privilégie la communauté sur les personnes, l’idéal sur la réalité et l’accueil de la personne, on commet des meurtres, au moins symboliquement ou moralement.
L’essentiel, c’est l’accueil de la personne, c’est-à-dire de ne pas juger. C’est de recevoir, de pardonner, de comprendre et d’accueillir. Quand l’idéal est trop élevé, quand on veut être le meilleur, quand on voudrait atteindre la perfection, que ce soit pour soi ou les autres, on est dans une situation mortelle, pour soi et pour les autres.

D’ailleurs si le récit prend la peine de nous donner les noms des deux victimes de Pierre c’est bien pour quelque chose. Dans la Bible, les noms propres ont toujours une signification. « Ananias » signifie : « grâce de Dieu ». Voilà ce qui a manqué à Pierre et la première communauté chrétienne : la grâce. Et une communauté qui n’admet pas la grâce devient comme une secte mortelle... Et « Sapphira » vient d’un mot hébreu connu en français : « saphir ». « Sapphira » en araméen voulait dire « belle comme un Saphir ». La première occurrence de ce mot dans la Bible se trouve quand Moïse et Aaron rencontrent Dieu : (Ex 24:10) « Ils virent le Dieu d’Israël; sous ses pieds, c’était comme un ouvrage de saphir transparent, comme le ciel lui-même dans sa pureté. » Sapphira, c’est la beauté de Dieu, la transparence qui doit être la base de notre relation à Dieu.

Et voilà ce que les premiers chrétiens ont tué par leur intégrisme : la grâce et la beauté de Dieu. C’est une mise en garde, si nous voulons que nos communautés, et même toutes nos relations donnent la vie et non la mort, il faut sauver Ananias et Sapphira : la grâce et la beauté. Sinon on ne peut faire qu’une religion qui mène à la mort. Le Dieu de force, de jugement, de violence, d’exigence, de violence, de punition et d’exclusion de Pierre à ce moment là est une horreur.

Bien sûr, pour admettre dans nos relations la grâce et la beauté, il nous faut sacrifier parfois un peu la justice, l’idéal, la volonté de perfection, il nous faut être tolérants, patients, compréhensifs, mais Dieu est un Dieu de grâce, de pardon, de bonté de tendresse, de beauté et de merveille, de transparence et de douceur, et même de faiblesse. L’Eglise peut être un instrument de vie si elle admet que des pécheurs puissent en faire partie et y être accueillis. La base de tout, c’est la grâce et la beauté. C’est alors que la vie et l’amour peuvent triompher.

 

 

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Actes 4:32-5:11


La multitude de ceux qui avaient cru n’était qu’un cœur et qu’une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais tout était commun entre eux. Avec une grande puissance les apôtres rendaient témoignage de la résurrection du Seigneur Jésus. Et une grande grâce reposait sur eux tous. Car il n’y avait parmi eux aucun indigent ; tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu’ils avaient vendu 35et le déposaient aux pieds des apôtres ; et l’on distribuait à chacun selon qu’il en avait besoin.
Joseph, surnommé par les apôtres Barnabas, ce qui signifie fils d’exhortation, Lévite, originaire de Chypre, vendit un champ qu’il possédait, apporta l’argent et le déposa aux pieds des apôtres.

Mais un homme du nom d’Ananias, avec Saphira sa femme, vendit une propriété et retint avec le consentement de sa femme une partie du prix ; puis il apporta l’autre partie et la déposa aux pieds des apôtres. Pierre lui dit : Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point de mentir à l’Esprit Saint et de retenir une partie du prix du champ ? Lorsque tu l’avais, ne demeurait-il pas à toi ? Et, après la vente le prix n’était-il pas à ta disposition ? Comment as-tu mis en ton cœur une pareille action ? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Dieu. Ananias entendit ces paroles, tomba et expira. Une grande crainte saisit tous les auditeurs. Les jeunes gens se levèrent, l’enveloppèrent, l’emportèrent et l’ensevelirent.
Environ trois heures plus tard, sa femme entra, sans savoir ce qui était arrivé. 8Pierre lui adressa la parole : Dis-moi, est-ce à tel prix que vous avez vendu le champ ? Oui, répondit-elle, c’est à ce prix-là. Alors Pierre lui dit : Comment vous êtes-vous accordés pour tenter l’Esprit du Seigneur ? Voici : ceux qui ont enseveli ton mari sont à la porte ; ils t’emporteront. A l’instant, elle tomba à ses pieds et expira. Les jeunes gens, à leur entrée, la trouvèrent morte ; ils l’emportèrent et l’ensevelirent auprès de son mari. Une grande crainte saisit toute l’Église et tous ceux qui apprirent ces choses.