Je ne crois que ce que je vois?

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Prédication prononcée le 3 avril 2016, au Temple de l'Étoile à Paris,

par le pasteur Louis Pernot

 

 Au Christ ressuscité qui lui apparaît, Thomas, d’après l’évangile de Jean s’écrie : « Mon Seigneur et mon Dieu » (Jean 20:28).

Certains interprètent cela comme une confession de foi. Ce serait d’ailleurs le seul endroit où Jésus est appelé explicitement « Dieu ». Dans Jean en particulier, il y a de nombreux passages qui poussent à assimiler Jésus à Dieu, mais jamais aussi clairement. Certes, il affirme: « moi et le père sommes un » (Jean 10:30), mais ensuite, il prie pour ses disciples, et dit  « afin que tous soient un ; comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi, qu’eux aussi soient [un] en nous [...], afin qu’ils soient un comme nous sommes un – moi en eux, et toi en moi –, afin qu’ils soient parfaitement un » (Jean 17:21-23). S’il fallait donc prendre l’expression johannique « être un » littéralement comme une identification des identités dans la Trinité, cela ferait beaucoup de monde ! On a aussi le « Qui m’a vu a vu le père » (Jean 14 :9)... mais l’identification n’est pas non plus là nécessairement totale.

C’est là toute la question de la christologie qui est soulevée et qui a généré tant de débats, de discussions, d’anathèmes et de condamnations dans l’antiquité, et qui reste un sujet de discussions passionnées aujourd’hui. La Trinité est une doctrine délicate. Il y a évidemment un lien entre Jésus et Dieu, mais assimiler purement et simplement l’un à l’autre poserait de gros problèmes. On peut vouloir, rester absolument monothéiste, et on ne peut alors avoir deux dieux, un dans le ciel et un autre sur terre, et Dieu, bien sûr qu’il est invisible, qu’il ne porte pas de barbe ni de sandales, il est immortel et ne peut mourir sur une croix. La question est donc complexe, Jésus n’est jamais très loin de Dieu, mais il y a bien un homme en Jésus tout de même. On dit donc classiquement qu’il est non pas seulement homme ou seulement Dieu, mais « homme et Dieu », c’est-à-dire qu’il est un homme parfaitement uni à Dieu, ou Dieu parfaitement uni à un homme. L’évangile de Jean quant à lui est celui des quatre évangiles qui rapproche le plus Jésus de Dieu. Il commence avec le prologue parlant du verbe de Dieu, le logos éternel qui est parole créatrice et qui est Dieu lui-même. Il nous dit que cette parole, elle s’est incarnée dans l’homme Jésus. Ensuite donc Jésus vit en manifestant le verbe, puis il meurt sur la croix. Alors la dimension purement humaine meurt, et ne reste que la dimension divine, ne reste que le spirituel qui est coextensible à Dieu. Ainsi si on ne peut dire brutalement que le Jésus de l’histoire est Dieu, on peut le dire du Christ ressuscité. Et à l’origine, ce chapitre 20 clôturait l’évangile de Jean, le chapitre 21 n’ayant été ajouté qu’après. Et on a ainsi une belle inclusion, partant du verbe divin, partant de Dieu lui-même qui s’incarne en Jésus, on remonte à Dieu par l’apparition du Christ ressuscité, et l’évangile se termine sur cette belle inclusion.

Certains, à l’opposé affirment que les mots de Thomas ne sont absolument pas une confession de foi concernant le Christ ressuscité, mais une interjection, comme on dirait « Oh mon Dieu ! » pour marquer sa surprise. Cela n’est pas totalement infondé, en effet, il y a en grec des déclinaisons de mots suivant la fonction dans la phrase, or là, « seigneur » et « Dieu » ne sont pas au vocatif comme ils devraient l’être si Thomas s’était adressé à Jésus, mais au nominatif, comme donc s’il ne s’adressait à personne.

Mais cette solution de ceux qui ne veulent absolument pas associer Jésus et Dieu n’est certainement pas totalement honnête, pas plus qu’il ne faudrait prendre à la lettre le fait que Thomas identifierait alors son seigneur à Dieu. Il y a en effet une troisième solution plus nuancée.

On peut remarquer en effet que nous avons là presque parfaitement une citation du Psaume 32:23 : là il est dit « Mon Dieu et mon Seigneur » avec les mêmes mots. Or ce Psaume 32 exprime le découragement de l’homme qui se croit abandonné de Dieu et qui crie alors dans sa prière : « Réveille-toi, (Seigneur) et lève-toi pour (rétablir) mon droit ! Mon Dieu et mon Seigneur, pour ma cause ! ». Cela est remarquable parce qu’il est question de se réveiller, de se lever, ce qui sont les mots de la résurrection. Il se pourrait bien donc que ce soit là ce qui est évoqué par Thomas, citant en fait un verset de Psaume : comme les disciples, il avait cru en Jésus, cru qu’il était le Messie, qu’il viendrait rétablir la royauté d’Israël et accomplir toutes les promesses de Dieu, mais voici qu’il meurt comme un gueux, et Dieu n’a rien fait. On voit en particulier ce découragement dans le beau récit des pèlerins d’Emmaüs dans Luc. Et voici donc que Thomas voit que Jésus est ressuscité. Il comprend là que Dieu ne les a pas abandonnés, que tout n’est pas fini par la mort du Christ, mais que d’une manière ou d’une autre, il est encore vivant, que tout ce qu’il a dit et fait les accompagnes, qu’il leur a donné son Esprit qui continue de souffler en eux. Il comprend donc que Dieu lui-même ne s’est pas endormi, mais qu’il s’est bien levé pour agir pour eux et défendre leur cause.Mais comment Thomas en arrive-t-il à comprendre que Dieu est présent et agissant ? C’est par un processus assez complexe en fait.

Dans la mentalité populaire, Thomas est montré comme un exemple d’incrédulité, il est comme l’archétype de l’esprit moderne affirmant : « je ne crois que ce que je vois ». Il n’est pas évident que Thomas ait une aussi mauvaise foi et cette formule peut avoir quelque chose de juste, nous allons le voir. Mais, au sens premier c’est là juste une affirmation imbécile ou tout au moins qui témoigne d’une conception simpliste du monde.

En effet, la science moderne, celle du monde microscopique en particulier, avec la mécanique quantique, nous montre que ce que nous voyons n’est qu’une partie très faible de la réalité, et que la compréhension du monde que nous pouvons nous faire à partir de notre propre expérience quotidienne ne correspond absolument pas à la réalité profonde même du monde matériel. Il y a bien des choses qui nous semblent impossibles, mais qui en fait ne le sont pas et sont même avérées dans le monde microscopique. Ainsi a-t-on démontré qu’une particule pouvait avoir le don d’ubiquité, être à deux endroits en même temps, et même interagir avec elle-même. On a trouvé des particules qui parvenaient à communiquer entre elles instantanément sans aucun signal physique (c’est le paradoxe EPR, dit « des particules corrélées »), et la réalité devient tellement mouvante et indéterminée qu’elle a amené des physiciens du monde microscopique comme Schrödinger à penser qu’un chat pourrait être à la fois mort et vivant.  Notre monde physique n’est donc pas fondamentalement comme nous le voyons et il y a bien des choses qui sont avérées et tout à fait contraires à notre expérience vulgaire, contraire à ce que nous « voyons ». Nous sommes dans un monde d’illusions, et ainsi même trouve-t-on chez les plus grands physiciens d’aujourd’hui des personnes qui deviennent adeptes de théories paranormales les plus farfelues, parce qu’en effet, si un peu de science donne l’impression de pouvoir savoir ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, beaucoup de science montre que le monde est infiniment plus complexe que ce que nous pouvons imaginer, même dans son fonctionnement matériel.

Et puis quand on s’intéresse à la vie, et plus encore à l’humain, il y a une autre dimension qui est celle de l’âme, cette réalité qui informe la matière du corps vivant pour lui donner sa cohérence et faire en sorte qu’il soit en vie, formant une personne. L’âme est une réalité qui échappe totalement à la formalisation physique, et pratiquement même à la biologie. Aucune science exacte n’est capable de dire ce qu’est la conscience, le fait qu’un amas de cellule soit capable de savoir qu’elle sait exister. Quant aux pouvoirs de cette âme, sa nature, ce qu’il en advient lors de la mort, personne ne le sait. Alors se cantonner au « voir » est évidemment absurde et serait faire impasse sur la vie elle-même.

Parce que encore, comme il est dit bellement dans Le petit prince, « l’essentiel est invisible pour les yeux ». Et la foi concerne justement cet « invisible ». Le visible, c’est le matériel, ce qui s’achète et se vend, ce qui peut se compter, tout ce dont peut parler la physique. Mais il y a une part de l’humain qui est précisément au delà de tout ça, une part de méta-physique, de spirituel. Ainsi comme le dit Paul, « Nous regardons non pas aux choses visibles mais à celles qui sont invisibles, car les choses visibles sont pour un temps et les invisibles sont éternelles... » (1 Cor 4). Donc bien sûr que par définition, croire, c’est s’attacher à ce qui ne se voit pas. Sinon on n’est plus dans le domaine du sens ou de la foi, mais dans celui de la science. Les deux ne s’opposent pas, mais se complètent.
Ainsi si Thomas voulait « voir » la résurrection, il suivait une fausse piste. La résurrection, elle est d’ordre spirituel, puisque aujourd’hui encore nous disons que le Christ est ressuscité, qu’il vit parmi nous, comme il dit : « là où deux ou trois seront réunis en mon nom, je serai au milieu d’eux ». Mais cette présence du Christ aujourd’hui, elle est immatérielle, invisible, spirituelle. C’est pourquoi le Christ dit cette béatitude essentielle : « heureux ceux qui croient sans avoir vu » (Jean 20:29), la foi est au delà du visible, et pour comprendre le vrai sens de la résurrection, il faut aussi aller au delà du visible. D’ailleurs, au moment de la résurrection, dans l’évangile de Jean, il est dit que ce disciple court vers le tombeau, y entre, et il est écrit : « il vit et il crut » (Jean 20:8). Or que vit-il puisque le tombeau était vide ? Rien ! Jean vit qu’il n’y avait rien à voir, il vit « rien » et il crut.

Sans doute d’ailleurs faut-il non seulement voir au delà du visible, mais aussi comprendre que parfois il faut que le matériel laisse la place à l’invisible, qu’il se retire afin de ne pas masquer une réalité qui est ténue et fragile. Le spirituel a besoin de vide pour se révéler. Et pour entendre Dieu, pour pouvoir le recevoir, il faut lui laisser une place. Dieu ne se révèle pas dans le bruit, mais dans le silence, pas dans l’agitation ou le plein d’activités, mais dans le fait de ne rien faire parfois. Même accumuler les « bonnes œuvres » serait une erreur, il faut savoir agir moins pour écouter, penser, réfléchir, recevoir. Ce n’est pas pour rien que les juifs on considéré que le our du Seigneur devait être un jour tel qu’il est dit : « le jour du sabbat, tu ne feras rien ! » (Deut 5:14). On ne doit pas être tout le temps dans l’action, mais garder cette bonne part essentielle qui est celle de la contemplation et que valorise Jésus lors de sa rencontre avec Marthe et Marie (Luc 10:42). La foi n’est pas non plus se remplir de croyances, de doctrines, de valeurs morales, mais elle a besoin pour être vivante, elle aussi, d’espace, de questionnements, d’interrogations, de recherches. La vie elle même a besoin de vide, sinon, on tombe dans un système bloqué sectaire où rien ne peut bouger ni surgir. On pourrait même dire que la foi ne peut pas être dans le plein de bonne conscience, mais plutôt s’épanouir sur le sentiment de son impuissance, de son péché pour inciter à se tourner vers un autre que soi. C’est le sens des Béatitudes (Matt. 5:1-13) : Jésus dit : « heureux ceux qui sont pauvres en esprit » et non pas « ceux qui ont de l’esprit à revendre ! », il dit « heureux ceux qui ont faim et soif de justice » et non pas « ceux qui sont pleins de justice ». Heureux celui qui n’a pas tout et qui le sait : c’est ce manque, cette absence qui pourra l’inciter à avancer et à vivre.

Et cela est vrai même spirituellement, la foi n’est pas de tout savoir et de tout comprendre, mais peut-être essentiellement de savoir qu’on ne sait pas tout. La foi, c’est accepter de ne pas tout comprendre, mais de choisir néanmoins de fonder sa vie sur ce que l’on présent sans l’avoir en plénitude. Il y a une part d’audace, de courage dans la foi, c’est un engagement, un risque assumé de sortir de sa sécurité, de son savoir, de ses certitudes pour aller de l’avant vers un inconnu, comme Abraham qui entend ce « Va-t’en de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père, vers le pays que je te montrerai » ( Gen. 12:1). La foi peut se fonder sur une certitude, mais elle peut aussi comporter une part de confiance, confiance en un Dieu qui nous guide et nous conduit, et qui nous donnera toujours autant qu’il nous faudra pour être heureux quelle que soit la situation. Dieu prendra soin, parce que « toute chose concours au bien de ceux qui aiment Dieu » (Rom 8:28)  : et lui qui prend soin des lys des champs et des oiseaux prendra soin de nous (Matt. 6:28ss).

Mais donc il ne faut pas tout prévoir, planifier, tout verrouiller pour pouvoir vivre et avancer, il faut laisser de l’espace pour que puisse souffler l’esprit, pour que du nouveau puisse survenir, de l’imprévu et de l’inconnaissable se révéler. Vivre c’est inventer l’avenir, se rendre disponible à une réalité qui par définition n’existe pas encore et est invisible. Sinon on ne peut être que dans la répétition du même, ce qui culmine dans la manière d’être du monde minéral.

C’est d’ailleurs ce que l’on entend aussi dans la conclusion du chapitre (v.30) : « Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre », là Jean explique qu’il y a encore beaucoup de choses qui ne sont pas dans l’Evangile : il ne dit pas tout, il y a des manques. Sans doute parce qu’il reste à construire sa propre histoire. L’évangile ne veut pas tout bloquer, tout maîtriser, dire tout ce qu’il faut croire, faire, espérer, mais il est lui-même ouverture, lacunes, il laisse une certaine liberté, et c’est dans ces espaces que pourra s’épanouir la foi du croyant. Heureux celui qui n’en reste pas à l’Ecriture seule, mais qui sait ajouter sa propre vie à cette lettre morte.

Et Thomas précisément ne veut pas se contenter du discours des Apôtres, ce n’est pas qu’il ne veuille pas croire en Christ, mais il ne veut pas croire au discours qu’on lui tient sans avoir à s’en référer à sa propre expérience. Il refuse de croire à partir seulement du témoignage des autres. Il n’est donc pas tant un incroyant qu’un anticlérical, il prend de la distance par rapport au discours de l’Eglise pour dire qu’il veut privilégier son expérience personnelle. D’une certaine manière, il est un mystique qui préfère fonder sa foi sur ce qu’il expérimente lui plutôt que sur la doctrine qu’on veut lui enseigner. Il témoigne du fait qu’être chrétien, ce n’est pas juste adhérer à un discours, croire dans la théologie de l’Eglise ou dans le témoignage des autres croyants, mais faire sa propre expérience de la rencontre avec Jésus Christ. Le Christ déborde de tout ce qu’on peut dire de lui, et même du texte de l’Evangile. On pourrait dire pour plagier les formules du temps de la Réforme qu’il y a un « Extra Evangelicum » qui fait que la vérité divine ne se réduit pas à la Bible seule, ce qui nous est parvenu comme « écriture » ne se superpose pas à la totalité de la vérité divine ou de ce qui concerne le Christ. Il est remarquable que le 4e évangile se conclue précisément par cette remarque critique qui remet l’Evangile à sa juste place comme n’étant pas un absolu.

Quoi qu’il en soit, il faut donc trouver Jésus dans sa vie, le Christ ressuscité se découvre dans la rencontre personnelle. Et si on comprend le verbe « voir » au delà de la vision oculaire, ainsi que le proposait Augustin, alors Thomas avait raison. Certes, la foi n’est pas de l’ordre de ce qui se voit avec les yeux, mais la foi n’est pas non plus seulement écouter un discours et même y adhérer, il faut « voir » dans le sens de percevoir, comprendre, expérimenter, comme on dirait communément aujourd’hui « je vois » pour dire « je comprends ». Et c’est grâce à cette attitude positive en fait que Thomas aura la grâce d’avoir une apparition du Christ pour lui, avec un Christ qui lui parle personnellement. Les autres apôtres n’avaient eu qu’une apparition collective, avec un Christ disant de belles choses, mais à la cantonade, pas personnellement à chacun. Là, Thomas qui désirait cette expérience va pouvoir entrer en dialogue personnalisé avec son sauveur.

Thomas nous invite ainsi non seulement à ne pas laisser Jésus dans sa tombe, mais même à ne pas seulement scruter indéfiniment les évangiles pour le chercher, et à vouloir le rencontrer personnellement. Et alors on découvre que ce Christ vivant, certes redit à peu près tout ce que les évangiles ont dit qu’il disait : mais qu’il peut en dire bien plus. Le vivant déborde le texte, et le Christ peut faire pour chacun des merveilles. Le Christ ressuscite pour chacun personnellement, et même différemment pour chacun parce que sa présence n’est pas une présence objective qui pourrait contenir dans une description concrète. on voit ainsi que dans les quatre évangiles, le Christ n’apparaît jamais aux incroyants, le Christ ressuscité est donc une réalité, une rencontre qui se fait dans la foi, et jamais de la même manière, tous les récits d’apparitions dans les évangiles sont différents, le Christ se révèle différemment à chacun selon sa personnalité. Cela doit nous inviter à chercher nous mêmes cette rencontre, et l’Evangile de Jean par ses lacunes assumées nous dit d’une certaine manière que c’est à nous de continuer à notre manière l’Evangile de la résurrection, chacun pourrait ainsi ajouter un chapitre, ou plusieurs en disant comment, pour lui le Christ lui apparaît, et ce qu’il peut faire pour lui. Cela est de l’ordre du personnel, de l’intime. Ce n’est pas une vérité universelle, ni transposable d’un individu à l’autre, c’est une vérité qui appartient à chaque chrétien.

Et ce que dit Jésus à Thomas, c’est: « mets ta main etc. », il ne s’agit pas concrètement de toucher un corps glorieux, mais on peut le comprendre comme on dirait maintenant : « mets des pas dans mes pas », c’est-à-dire : suis moi, agis comme moi. Il faut mettre sa main dans la main du Christ comme un enfant qui apprend le geste de l’écriture dans la main de son maître. En bref, le Christ l’invite à agir à sa suite et comme lui.

C’est là l’expérience fondamentale du croyant, la découverte de ce qu’est le Christ ressuscité pour lui. Et cela se fait dans l’absence, dans le doute, le questionnement, le péché même peut-être et l’incrédulité, tout ce qu’on veut, sauf l’indifférence. Parce que dès qu’il y a une soif, il y a une place pour l’eau vive.

Ainsi, nos questions, nos interrogations sont bonnes, cherchons à faire notre propre rencontre avec le Christ, comme nous sommes et quoi qu’en disent les autres. Ensuite mettons nos mains dans ses mains, vivons cet évangile, vivons de cette rencontre avec l’invisible, et nous serons heureux.

 

 

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Jean 20:19-31


Le soir de ce jour, qui était le premier de la semaine, les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient fermées, par la crainte qu’ils avaient des Juifs ; Jésus vint, et debout au milieu d’eux, il leur dit : Que la paix soit avec vous ! Quand il eut dit cela, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples se réjouirent en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : Que la paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux et leur dit : Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés, et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.

Thomas, appelé Didyme, l’un des douze, n’était pas avec eux, lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc : Nous avons vu le Seigneur. Mais il leur dit : Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets mon doigt à la place des clous, et si je ne mets ma main dans son côté, je ne croirai point.

Huit jours après, les disciples de Jésus étaient de nouveau dans la maison, et Thomas avec eux. Jésus vint, les portes étant fermées, et debout au milieu d’eux, il leur dit : Que la paix soit avec vous ! Puis il dit à Thomas : Avance ici ton doigt, regarde mes mains, avance aussi ta main et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais crois ! Thomas lui répondit : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus lui dit : Parce que tu m’as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru !

Jésus a fait encore, en présence de ses disciples, beaucoup d’autres miracles qui ne sont pas écrits dans ce livre. 31Mais ceci est écrit afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.