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L'erreur de Caïn: ne pas aimer le monde.

Prédication prononcée le 25 juin 2017, au Temple de l'Étoile à Paris,

par le pasteur Louis Pernot

 

 

L’histoire de Caïn et Abel, comme toutes celles de l’histoire sainte permet d’avoir une intéressante réflexion sur notre propre existence et notre vie. En général on y voit un crime de la jalousie et on dit que Caïn a eu tort. Mais il est possible d’en faire une approche plus profonde, en particulier en se demandant si l’attitude criminelle de Caïn ne trouve pas ses racines dans un problème plus essentiel : sa manière de réagir par rapport au monde.

Caïn en effet s’est trouvé dans une situation d’échec, d’épreuve : il prend l’initiative d’offrir un sacrifice, et celui-ci n’est pas agréé par Dieu. C’est évidemment un échec, une contrariété. La question, c’est de savoir comment il va réagir par rapport à cela. Nous pouvons ainsi nous identifier à cette histoire, parce que nous aussi nous connaissons des situations d’échec, parfois on se donne du mal, et les choses ne se passent pas comment on aurait voulu. Soit qu’il y ait une injustice insupportable, soit que par notre faute même, ce que nous avons espéré n’advient pas, et les choses ne tournent pas à notre avantage. Tout le monde est confronté à ces situations d’échec, d’injustice, d’arbitraire inique, ou à des événements insupportables. Comment y réagir ?

L’erreur fondamentale de Caïn est qu’il a mal réagi. Il l’a fait par la violence, il a refusé l’échec, au lieu de l’accepter, il a voulu supprimer la chose qui l’embêtait, en l’occurrence son frère, et faire comme si il n’existait pas. Il essaye de revenir comme avant, où il était, en tant que premier né, tout seul et bien tranquille. Il a donc mal réagit, il s’est dressé contre ce qui lui arrivait, il s’est révolté, il a cherché à le combattre au lieu de s’y adapter. Il a refusé de sortir de là, d’aller plus loin. Au contraire il reste bloqué sur son échec, et a voulu, par la violence violenter le cours des événements.

On dit que Caïn a manqué d’amour, c’est évidemment vrai, mais pas seulement d’amour de son frère. Certes, si il avait plus aimé Abel, il ne se serait pas offusqué que son frère soit mieux vu de Dieu, mais au delà de ça, il a manqué d’amour de sa propre vie. Il n’a pas aimé ce qui lui arrivait, il n’a pas aimé le cours de son existence. Pour pouvoir aimer les autres, il faut d’abord être capable de s’aimer soi-même. Et cela ne veut pas dire se trouver formidable et s’auto admirer, mais apprendre à aimer sa propre vie, et tout ce qui la comporte, de bien et de mal, d’événements heureux ou d’événements malheureux. Car aimer, cela veut dire accepter, respecter et accueillir. Aimer son prochain est difficile parce que souvent le prochain n’est pas comme on voudrait qu’il soit, il est par définition différent de soi, l’aimer, c’est l’accueillir comme il est et sans vouloir qu’il soit autrement que ce qu’il est. En ce sens, on doit aussi apprendre à aimer sa propre vie. Parce que sa vie n’est pas toujours non plus comme on aurait voulu qu’elle soit, et les événements qui nous y sont imposés ne sont pas nécessairement comme nous aurions voulu que les choses arrivent. Aimer sa vie, c’est accueillir tout cela, accepter que sa vie soit comme elle est, avec son passé, et tout ce qui la compose, et même apprendre à aimer ce qui lui arrive. Aimer sa vie, c’est apprendre à vivre en harmonie avec soi-même. Et puis aimer, c’est aussi voir l’autre comme il est et non pas seulement par rapport à son propre désir, c’est accepter que l’autre existe sans être seulement une source de contentement pour soi-même. Aimer sa vie, c’est aussi cela : voir sa vie comme une réalité dont le seul but n’est pas de nous contenter ou de nous donner du plaisir, mais d’être une vie en soi qui peut avoir un sens par rapport à un projet plus vaste.

Toute haine, tout rejet de ce qui nous arrive ne peut que nous détruire, et le seul mal de ce que nous considérons comme contrariant ou comme une épreuve est de nous faire du mal. Accepter l’événement, c’est lui enlever sa puissance de mal.

Dans ce sens Calvin avait une théologie discutable du point de vue dogmatique, mais extrêmement efficace d’un point de vue psychologique. Il croyait en effet dans un Dieu tout-puissant, omniscient, et tel que tout ce qui arrive dans le monde soit le fruit de sa propre volonté. Et ainsi quand quelqu’un subissait une épreuve, il pouvait dire : « cela me semble mal, mais si ça arrive c’est que c’est la volonté de Dieu, et donc que la volonté de Dieu soit faite ». L’idée, bien sûr, était que finalement, l’homme devait accepter, et même aimer tout ce qui lui arrivait, même ce qu’il pouvait considérer comme les pires épreuves, parce qu’il devait y voir la volonté de Dieu. Ainsi le croyant, au lieu de se raidir contre les événements, et de se blesser lui-même contre un mal plus fort que lui pouvait parvenir à y adhérer, à en faire son allié même en vue d’un but nouveau qu’il considérait comme étant la volontée cachée de Dieu.

Ainsi sommes nous invités à aimer, aimer notre prochain, bien sûr, aimer notre vie, aussi, et également aimer le monde et le cours du monde. Il faut aimer le monde pour vivre en harmonie avec lui et savoir accueillir tout ce qui s’y passe. C’est la base de tout. Toute haine, toute manière de refuser ce qui est ou celui qui est, de prendre l’autre, l’adversité, le monde comme des adversaires n’est que source de destruction, pour soi d’abord, et pour les autres ensuite. Il n y’a que l’amour qui peut nous sauver, parce que c’est la clé de la possibilité de vivre en paix. Caïn n’était pas en paix, et avant même de ne pas l’être avec son frère, il ne l’a pas été avec lui même et ce qui lui arrivait. La conséquence, se sera de la violence, de la haine, de la destruction et du mal, pour les autres et aussi pour lui, puisqu’il se retrouvera tout seul, loin des autres, dans un environnement hostile et même loin de Dieu, seul. Caïn n’a pas su aimer son frère parce qu’avant toute chose il n’a pas su aimer sa propre vie.

Cela est une simple sagesse. On trouve le même discours dans bien des philosophies anciennes grecques par exemple ou dans des religions comme dans celles de l’inde. La Bible ne prétend pas au monopole, les religions essayent toutes d’être simplement en phase avec l’expérience humaine la plus fondamentale. On retrouve ces grandes idées mêmes dans des religions primitives comme celle des anciens indiens d’Amérique. Il faut dire qu’ils vivaient dans des conditions difficiles : une nature hostile, de la chaleur, du froid, des blessures, des animaux féroces, ou pénibles. Et les sages indiens enseignaient que si l’on cherche à combattre la nature, elle finira par vous tuer. Si l’on veut survivre, il faut essayer de vivre en paix avec elle. Faire la paix avec la nature, cesser de lutter contre elle, et se dire l’on en fait partie. Alors la nature elle-même ne pourra plus vous faire de mal. Peut-être en effet, qu’on supporte mieux le froid ou la chaleur quand on cesse de vouloir lutter contre et de s’en insupporter, mais la vérité est plus profonde que cela dans le rapport même que nous avons avec la nature.

Ou encore un jeune aventurier de nos paroissiens (https://www.eliottschonfeld.com/) qui a traversé tout seul à 20 ans le désert de Gobie et plus récemment toute l’Alaska a expliqué lors d’une conférence à l’Etoile qu’a chaque aventure il a failli mourir plusieurs fois jusqu’à ce qu’il cesse de lutter contre la nature et les éléments pour chercher à simplement les comprendre et s’y intégrer. Quand la nature est vue comme un adversaire, on ne peut que perdre, parce que la nature est infiniment plus forte que nous. Comme le dit Pascal, « l’homme n’est que comme un roseau le plus faible de la nature... il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau suffit pour le tuer ». Il ne s’agit donc pas de s’opposer à la nature, de lutter contre les événements ou le cours de la vie, de toute façon à ce jeu, on ne peut que perdre. Si on cesse de lutter contre la nature, contre les événements, ceux-ci cessent de nous faire du mal. Accepter les événements de sa vie, et même les épreuves, les accueillir, c’est leur enlever une grande part de leur nocivité. Au contraire, si on se raidit contre elles, si on essaye la force, alors ce sont elles qui nous mettront par terre.

La nature de toute façon est la plus forte, on ne peut pas lutter contre elle, ni contre un bon nombre d’événements de notre vie, bien sûr, il faut essayer d’arranger les choses au mieux, mais il faut savoir que de toute façon, on ne pourra jamais être vainqueur de toute maladie, ni du vieillissement, ni de la mort physique. Il faut donc composer avec tout cela, agir avec finesse et intelligence pour en tirer le meilleur parti. Et pour cela, intégrer ce qui semble difficile.

La encore, ce n’est qu’une sagesse bien simple : on retrouve la même chose dans d’autres domaines comme dans celui de l’équitation. Comment un homme peut-il dominer un cheval qui pèse près de 500 kilos ? L’homme n’a aucun moyen de le contraindre à grand chose, et s’il entre dans un rapport de force, c’est le cheval qui gagne. Pour dominer un cheval, le conflit ne peut jamais être une bonne solution. Ce qu’il faut, c’est chercher à comprendre lr cheval, l’écouter, et savoir lui parler, alors le cavalier pourra en faire ce qu’il veut et aller très loin !

Les épreuve, en effet, ne sont pas que de mauvaises choses. Certes, elles nous contrarient, parce que, en général, ce sont des événements qui ne vont pas dans le sens de ce que nous désirions ! Ou alors parce que ce que nous voulons dans le fond, c’est que rien ne change. Les épreuves sont des situations où le changement nous est imposé, et nous n’aimons pas ça !. Mais les changements ne sont pas en soi négatifs. Au contraire, on peut les voir non pas par rapport à un passé que l’on regretterait, mais comme des opportunités d’ouverture sur une autre façon d’être et sur une nécessité de reconstruction d’une nouveauté qui peut advenir.

Nous avons fait référence aux pensées grecques comme le stoïcisme en particulier, mais là nous devons nous en éloigner. L’idéal pour celles-ci, était l’ataraxie, l’absence de toute passion, de joie ou de peine. L’idéal était une vie comme l’eau de lac sans ride, parfaitement calme et lisse. L’idéal chrétien de la vie n’est pas l’ataraxie, pas le calme plat, mais un dynamisme positif. L’idéal n’est pas l’absence de vague, mais plutôt comme l’art de savoir surfer sur les vagues. Les vagues, comme les épreuves sont des réservoirs extraordinaire d’énergie, de pouvoir de transformation. A partir de là on peut essayer de lutter contre, mais on ne peut alors que se faire écraser par la vague. La juste attitude, c’est d’essayer de « surfer » sur la vague : l’utiliser pour se faire porter plus loin, prendre l’énergie de la vague et s’en servir, la sublimer pour que cette énergie ne soit pas pour briser, mais pour faire avancer.

Et tout cela n’est pas seulement une petite morale ou philosophie de vie, c’est aussi une vérité théologique essentielle, parce que c’est la manière avec laquelle Dieu lui-même agit dans le monde. On peut croire en effet que Dieu n’agit pas tant par violence dans le monde que par intégration de ce qui arrive en général, et du mal en particulier. Il n’empêche même pas le mal, il essayer de l’utiliser pour le transformer en bien.

Ainsi voit-on comment Dieu agit par rapport à Caïn. Evidemment que pour lui, le cas de Caïn était une grande contrariété : voilà que dans son projet d’une humanité fraternelle, un quart de celle-ci s’écarte totalement et radicalement du projet en montrant des actions haineuses et criminelles. La Bible aurait pu là montrer un Dieu qui aurait tué Caïn, le supprimer aurait réglé le problème. Mais Dieu ne fait pas cela, il essaye de le remettre dans la bonne voie par le douceur, la persuasion, il essaye de le reprendre pédagogiquement, de mettre des mots, de redonner du sens à ce qui semble verser dans l’absurde et l’insensé. Et Caïn désobéit toujours, alors finalement au lieu de le punir, même il le protège ! Voilà une preuve d’amour infinie de la part de Dieu pour ce Caïn qui est pour lui tout le contraire de ce qu’il aurait voulu. Dieu essaye d’intégrer le mal, c’est ce que ne fera pas Caïn.

Et on a surtout l’exemple du Christ : la mort du Christ est un mal absolu, le rejet du fils de Dieu, l’échec de la mission du Christ. Dieu envoie son fils pour prêcher à l’humanité et lui demander de vivre l’amour, le pardon et la fraternité, mais au lieu de l’écouter, les hommes prennent Jésus, le torturent et le tuent. Là encore, dans une théologie païenne, on aurait attendu un Dieu qui envoie des tonnerres et des tremblements de terre pour tuer tous ces méchants. Mais Dieu ne s’oppose pas à ce mal, il va le réutiliser pour le transformer en bien. Et ainsi la mort du Christ va devenir le point de départ d’une espérance qui va transformer le monde et dont l’onde positive va venir jusqu’à nous 2000 ans plus tard. Et ainsi la croix qui était symbole de mort et de supplice devient pour tous les chrétiens un symbole de vie et d’espérance. Quel renversement !

On voit ainsi que Dieu ne punit pas le mal, mais qu’il l’admet et reconstruit par dessus. Dans toute l’histoire sainte, on voit ainsi Dieu s’adapter à la situation et réinventer à chaque fois une nouvelle manière d’être encore meilleure que la précédente. Dieu n’agit pas par la violence, mais par la ruse. L’histoire de ce peuple est incroyable de rebondissements, de renouvellements après chaque épreuve. Mais jamais on ne revient en arrière ou veut-on revenir à la situation précédente. Toujours ce qui arrive et qui semble mal devient le tremplin d’un bien encore meilleur qu’on n’aurait jamais pu imaginer. Cette histoire d’Israël, puis celle du Christ sont la plus grande source d’espérance possible.

C’est d’ailleurs un tel Dieu qu’ont enseigné les théologiens du « Process », cette théologie américaine de la fin du XXe siècle voulait dire que tout était « process », c’est à dire processus, mouvement, avancée, dynamisme, et que Dieu lui-même était processus. Ils s’écartaient alors de la théologie traditionnelle faisant de Dieu le summum de l’immobile éternel pour en faire un dynamisme, un mouvement communicatif permettant à toute chose d’avancer vers du plus être. Pour les théologiens du Process donc l’action de Dieu est une action non violente, une action à l’intérieur même de la création, un dynamisme poussant toute chose de l’intérieur pour retrouver à chaque fois un nouveau point d’équilibre, recréer sans cesse du neuf à partir des données de chaque instant.

Or l’homme est créé à l’image de Dieu, c’est-à-dire qu’il est lui-même créateur, c’est ainsi donc qu’il est invité à agir aussi dans le monde : ne pas vouloir nier ou faire disparaître ce qui le dérange, mais le transformer.

Dieu dans la Genèse est montré comme créant la vie à partir de la glaise, de la terre. C’est ça son action : faire quelque chose de vivant à partir de ce qui semble n’être que pour la mort, donner du sens à ce qui semble ne pas en avoir. Or le mal, c’est justement de l’absurde, de la mort. Dieu est une puissance d’esprit, de souffle de vie qui peut à partir de toute situation faire resurgir de la vie, et donner du sens.
Caïn au contraire tue son frère : il transforme la vie en inanimé, il retransforme en poussière et en terre ce qui était issu de la terre. Son œuvre est une œuvre diabolique en soi parce qu’il fait justement le processus inverse de celui de Dieu qui consiste à faire surgie du vivant à partir de l’inanimé. Dieu bien sûr s’oppose à ce projet, et Caïn, très justement, comprend qu’il peut devenir lui-même victime de sa démarche et se faire tuer. Le Talmud dans la tradition juive s’interroge sur qui pourrait le tuer puisqu’il n’y a pas beaucoup de monde encore sur terre, et il conclue que ce sont les animaux. Oui, Caïn se comporte comme un animal, et finalement ne vaut pas plus qu’eux, il se condamne à subir à son tour la violence.

Mais là où l’on voit le mieux cette action de Dieu comme puissance interne de vie et de transformation, c’est peut-être dans l’incarnation. Jésus de Nazareth est un homme, avec toute sa dimension humaine de finitude et d’imperfection. Or c’est dans un homme que Dieu fait habiter sa perfection. Dieu montre ainsi qu’il est capable de transcender l’imperfection humaine pour en faire son propre fils, et transformer un homme né d’une femme pour en faire son Christ. Dieu agit une fois encore à l’intérieur même de l’humanité pour en faire une création nouvelle.

C’est ça agir avec amour : prendre les autres comme ils sont, avec leurs défauts et leurs imperfections, et construire avec eux quelque chose. Et par rapport à soi-même, nous sommes invités à faire de même : s’accepter, s’aimer, se recevoir. Et finalement aussi avec tout dans le monde, tous les événements auxquels nous pouvons être confrontés : agir avec amour pour la création, en accueillant tout, les choses, les personnes et les événements positivement.

Ce commandement d’amour est bien le centre de toute la vie chrétienne : le Christ l’a rappelé, Paul aussi : c’est de savoir s’ouvrir à l’autre, à l’altérité, à tout ce qui n’est pas nous-mêmes ni la projection de nos propres désirs. Alors dans l’amour, il n’y a plus de combat, plus de mort, que la vie qui s’ouvre.

Et en Dieu se trouve une source infinie d’amour pour nous accueillir nous inconditionnellement et nous aider à notre tour à aimer. Pour nous, nous pouvons aimer parce que Dieu nous a aimé en premier.

 

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Genèse 4:1-16

1L’homme connut Ève sa femme ; elle devint enceinte et accoucha de Caïn. Elle dit : J’ai mis au monde un homme avec (l’aide de) l’Éternel. 2Elle accoucha encore de son frère Abel. Abel devint berger de petit bétail et Caïn cultivateur. 3Au bout d’un certain temps, Caïn apporta des fruits du sol comme offrande à l’Éternel. 4Abel, lui aussi, apporta des premiers-nés de son petit bétail avec leur graisse. L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ; 5mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn ni sur son offrande. Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu. 6L’Éternel dit à Caïn : Pourquoi es-tu irrité, et pourquoi ton visage est-il abattu ? 7Si tu agis bien tu relèveras la tête, mais si tu n’agis pas bien, le péché est tapi à ta porte, et ses désirs (se portent) vers toi : mais toi, domine sur lui. 8Cependant Caïn adressa la parole à son frère Abel et comme ils étaient dans les champs, Caïn se dressa contre son frère Abel et le tua.

9L’Éternel dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère, moi ? 10Alors Dieu dit : Qu’as-tu fait ? La voix du sang de ton frère crie du sol jusqu’à moi. 11Maintenant, tu seras maudit loin du sol qui a ouvert sa bouche pour recevoir de ta main le sang de ton frère. 12Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa richesse. Tu seras errant et tremblant sur la terre. 13Caïn dit à l’Éternel : (Le poids de) ma faute est trop grand pour être supporté. 14Tu me chasses aujourd’hui loin du sol arable ; je devrai me cacher loin de ta face, je serai errant et tremblant sur la terre, et si quelqu’un me trouve il me tuera. 15L’Éternel lui dit : Si quelqu’un tue Caïn, on le vengera sept fois. Et l’Éternel mit un signe sur Caïn pour que ceux qui le trouveraient ne le frappent pas. 16Puis Caïn sortit de la présence de l’Éternel et partit habiter dans la terre de Nod à l’est d’Éden.