Paul, Lydie et la pythonisse

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Prédication prononcée le 8 janvier 2017, au Temple de l'Étoile à Paris,

par le pasteur Louis Pernot

 

Au moment où Paul arrive pour la première fois en Grèce lors de ses voyages, il fait une double rencontre. D’abord une femme bien sympathique : Lydie, la marchande de pourpre, et par ailleurs une femme possédée d’un esprit dit « python » qu’on appelle aussi la « pythonisse », faute de connaître son nom.

Cet esprit python est bien mystérieux. C’est la seule mention que l’on ait de cela dans toute la Bible. Et pourquoi donc cette précision ? Dans l’Evangile, on voit beaucoup d’esprits mauvais ou impurs être chassés, par le Christ, puis par les disciples ; le texte aurait pu se contenter de dire que Paul avait chassé un démon chez une femme possédée, sans dire ce nom curieux. Cela demande donc une enquête pour tenter de comprendre de quoi il s’agit.

On se souvient donc que Paul arrive là en Grèce, or il y a dans ce pays la légende de Delphes à laquelle cette histoire doit renvoyer. On dit en effet que cette ville était terrorisée par une sorte de dragon serpent, et que le dieu Apollon a libéré Delphes en tuant ce serpent maléfique. La dépouille du serpent sous l’action du Soleil s’est décomposée en pourrissant donnant son nom (de « pythein » en grec qui veut dire « pourrir »). Apollon alors appelé le « Dieu pythien » a installé là dans un temple une jeune fille voyante assise sur un trépied disant les oracles du dieu. Cette pythie se trouvait dans un état second dû aux exhalaisons fétides montant du sol, elle prédisait l’avenir. La pratique pythonienne était aussi assimilée dans l’antiquité à la ventriloquie, sans doute par l’usage que faisaient certains oracles de faire croire que ce n’était pas eux qui parlaient, mais la divinité directement.

Or justement, Paul arrive en Grèce, et on peut dire, en première lecture, qu’il chasse une croyance populaire pour y implanter l’Evangile. On peut même aller plus loin en disant que Paul, en exterminant le python est montré comme le nouvel Apollon. Cette façon biblique de présenter des personnages inspirés se substituant à des divinités païennes est assez constant, On trouve dans l’Ancien Testament Moïse qui redescend du Sinaï avec des cornes, prenant ainsi la place du veau d’or, et Paul lui-même un peu plus loin lorsqu’il prêche à l’Aréopage et qu’il est rejeté par ceux qui disent « nous t’écouterons sur ce sujet une autre fois » (Actes 17:32), n’est pas montré vraiment comme étant en échec, mais comme répétant l’expérience du philosophe Socrate à qui il était arrivé exactement la même aventure et sur qui avait été, précisément par l’oracle pythien de Delphes, qualifié de « plus sage parmi les hommes ». Il est donc ainsi comme le nouveau Socrate.

Mais cela n’explique pas tout, et en particulier pourquoi cette femme maléfique est présentée comme disant quelque chose de tout à fait bien : elle proclame : « Ces hommes sont les serviteurs du Dieu Très-Haut, et ils vous annoncent la voie du salut » (Actes 16:17). On ne peut mieux dire ! Alors pourquoi Paul la fait-elle taire ?

Les commentateurs classiques disent que certes elle disait là quelque chose de bien, mais que dans le fond, c’est tout de même une païenne se livrant à des cultes abominables. Et que donc il ne faut avoir aucune compromission avec ceux qui font le mal, même si parfois sur certains points ils peuvent dire quelque chose de vrai. Cette femme prétendait faire parler des esprits morts, c’est mauvais, il faut juste n’avoir rien de commun avec elle et la mettre à l’écart.

Mais sans doute faut-il aller plus loin pour vraiment comprendre, et en particulier aller chercher dans la tradition biblique. La Bible n’est, en effet, pas étrangère à cette histoire. Déjà le mot « python » pourrait bien être en lien avec le mot hébreu « PeTeN » qui signifie « le serpent venimeux » (mais jamais traduit par « python » dans les Septante), et surtout des histoires de serpent, on en a, en particulier dans la Genèse avec le péché originel. Là en effet, on trouve un serpent qui symbolise la tentation et le mal.

Et comme Jésus a dû affronter Satan pour entrer dans son ministère par ses trois tentations au désert, et qu’il était guidé par le saint Esprit, de même là, Paul, guidé par le même saint Esprit doit vaincre le mal symbolisé sous la forme du python pour inaugurer son ministère en terre païenne.

Et ce serpent de la Genèse ressemble étrangement au python de Paul. En effet, le serpent tente Eve en ne mentant pas vraiment, ce qu’il dit est plutôt vrai, comme la pythonisse dit vrai, mais c’est une vérité trompeuse parce qu’il y manque l’essentiel : l’attention à l’autre, et tenir compte de Dieu. Le péché originel, c’est de ne faire que par rapport à soi-même, manger le fruit parce qu’on le trouve bon et beau à regarder, parce qu’il peut se donner à soi même la connaissance. Mais l’important n’est pas la connaissance, c’est l’amour et l’humilité. La pythonisse propose une voie de connaissance comme si écouter Paul pouvait donner un avantage, voire même un gain matériel. Or l’essentiel, ce n’est pas l’avantage que peut donner la connaissance d’un message, ce n’est pas le profit, mais la générosité, la disponibilité, la gentillesse, la simplicité et la sincérité. C’est tout cela que l’on rencontre chez Lydie.

Cette Lydie d’ailleurs fait l’exact pendant de la pythonisse. Sa présence encadre la rencontre de Paul avec la possédée. Et cette marchande de pourpre est bien sympathique. Elle travaille, elle, à la rivière, elle prie, elle écoute, elle se laisse toucher par la parole, et elle accueille Paul et Silas chez elle.

Lydie écoute, alors que la pythonisse parle et martèle, elle se laisse transformer par la parole, alors que la pythonisse répète sans cesse la même chose, elle reçoit le baptême entrant dans une vie nouvelle alors que l’autre ne change rien de sa vie.

Certes, ce que dit la pythonisse n’est pas faux, mais le fait de répéter comme un automate le catéchisme, en ne changeant rien de sa vie n’a aucun sens. Elle représente une sorte d’intégrisme figé qui n’est que répétition. Il n’y a rien de neuf en elle, pas de disponibilité, pas de renouvellement, elle n’accueille rien, et ça c’est la mort. Et ainsi cette « voie du salut » qu’elle dit être proclamée par Paul, elle ne l’écoute pas elle-même et ne s’y engage pas. Elle reste dans un discours du type « faites ce que je dis mais pas ce que je fais ». C’est pire que tout, mortifère et Paul a eu bien raison de la chasser voyant au bout de quelque temps qu’elle n’était dans aucune dynamique positive.

Ces oracles païens étaient spécialistes pour dire aux pauvres gens ce qu’il fallait faire et croire. Pour imposer des sacrifices, des prix à payer, des actes à accomplir qu’ils ne faisaient pas eux-mêmes. Mais justement, l’Evangile ce n’est pas cela, ce ne sont pas des ordres, pas des choses à croire ou à faire, c’est une disponibilité à avoir et de se laisser toucher au cœur par une parole de vie et d’amour.

La pythonisse avait peut-être une bonne théologie, mais elle l’appliquait mal. Lydie au contraire se laisse transformer, elle accueille chez elle Paul, elle laisse une place dans sa propre vie pour la parole de l’Evangile. Pourtant que croyait-elle ? On ne sait pas. On ne sait même pas si elle avait une juste doctrine ou si elle croyait comme il faut. Peu importe en fait, le plus important n’est pas de croire la bonne doctrine, mais de savoir si nous nous laissons toucher et transformer par l’Evangile.

Ainsi, trop de gens se sentent coupables de ne pas bien croire comme il le faudrait, d’avoir une foi insuffisante, ou pas comme on le leur a appris au catéchisme. Il faut donc déculpabiliser et dire à chacun qu’il peut croire comme il veut, la seule chose importante est de savoir si cette foi change sa vie ou non, si elle lui fait accueillir chez lui plus de grâce, de paix, d’amour et d’espérance. On peut croire que Dieu est tout-puissant, ou ne pas y croire, on peut croire à la divinité du Christ ou penser qu’il était un homme, que chacun use de la liberté qui est la sienne, et comme Lydie à qui rien n’est demandé, juste veuille et sache vivre une nouveauté de vie avec le Christ.

Ceux qui veulent à tout prix imposer une vérité sont usants et pénibles comme la pythonisse que Paul a eu bien fait de renvoyer. Et ces apôtres de la prétendue vérité sont dangereux. Nous avons dit en effet que les pythonisses étaient liées à la ventriloquie dans l’antiquité. Or cela représente un mensonge grave : parler soi-même et faire semblant que c’est le dieu qui parle. Mais nous sommes entourés d’esprits pythons de ce type aujourd’hui, de personnes bien pensantes qui prétendent dire mieux que quiconque ce que Dieu croit, ce qu’il autorise ou interdit. C’est eux qui parlent, mais ils font croire que c’est Dieu lui-même qui s’exprime par leur bouche ! Combien de théologiens, de pasteurs ou de prêtres prétendent posséder une vérité divine. Chez les protestants, c’est souvent à partir de leur propre lecture de la Bible, souvent partielle ou personnelle que certains prétendent détenir une vérité divine qu’ils veulent imposer à tous, et au nom de laquelle ils prétendent juger de tout. C’est insupportable, et tout aussi trompeur, mensonger que oracles des vestales ou autres pythies antiques. Sur ce point Paul a raison, il faut chasser loin de soi ces esprits pythons, ces ventriloques de la vérité divine, ce sont des esprits malfaisants. La seule vérité, c’est Lydie qui l’a comprise, c’est la disponibilité, la tendresse, c’est se laisser transformer par la parole des Apôtres, quand bien même leurs paroles seraient humaines, mais ils sont témoins d’une vérité céleste et lumineuse qui nous dépasse, qui n’est pas à apprendre ou à répéter, mais à vivre.

Et pour continuer plus précisément sur les dangers du python qui nous menacent encore aujourd’hui, on peut comprendre que les pythies prédisaient l’avenir en faisant passer leurs prédictions pour des paroles divines. Mais là aussi nous sommes entouré d’esprits de pythons aujourd’hui : combien de spécialistes en toute discipline nous assomment de prédictions toutes les plus négatives et angoissantes : évolution de la démographie, du réchauffement climatique, de l’islamisme, de l’économie qui va à sa perte, comme l’humanité. Chaque spécialiste annonce à sa manière des catastrophes avec la plus grande autorité qui est celle de sa science toute-puissante. Ces spécialistes savent tout, veulent nous imposer une vérité qui n’est qu’une pensée mortifère. Certes, comme la pythonisse des Actes, il se peut qu’ils aient parfois raison, mais peu importe, ce sont des pensées négatives qui ne mènent qu’à l’angoisse et à la mort, ce sont des poisons de la foi et aussi de la vie.

Au contraire, Lydie ne sait rien, elle ne se préoccupe pas des ces discours négatifs, juste elle va chez elle, elle accueille la parole de Paul, et elle vit une vie renouvelée dans l’espérance et l’amour, elle se contente de la joie de la présence immédiate de Dieu qui vient la rencontrer. C’est elle qui a raison.

Ces média qui nous « informent » aujourd’hui ressemblent étrangement aux maîtres de la pythonisse. Leurs objectifs ne sont en général pas spirituels et pas même humanitaires. L’objectif d’un media n’est que rarement de rendre service, c’est comme les maîtres pythoniens de gagner de l’argent, de faire du profit, l’information est un moyen. Or on sait qu’une information négative se vend beaucoup mieux qu’une information positive. Alors comme le but est de gagner de l’argent, des auditeurs, des lecteurs ou de l’audimat, les media nous abreuvent d’informations négatives. Et nous nous y adonnons tous. En nous livrant aux informations, nous faisons entrer dans nos vies sans cesse des meurtres, des viols, des actes de terrorisme, des guerres, des maladies, des cataclysmes de tout genre. Tout cela est un poison pour notre vie, une nourriture de mort qui ne peut qu’attirer notre vie vers le découragement et vers la peur. Il ne faut pas se laisser prendre à ces discours putrides de pythons. Nous devrions contrebalancer tout temps mis à l’écoute de ces nouvelles de mort par le même temps mis à se confronter à la bonne nouvelle de l’Evangile. Les media, ce sont des messages de mort, l’Evangile, c’est un ferment de vie, de paix, de confiance et d’espérance. C’est ce discours qu’il faut écouter et auquel il faut s’adonner.

Le problème, d’ailleurs, ce n’est pas tellement l’argent, Lydie était marchande de pourpre, or le pourpre était une matière extrêmement chère que seuls les empereurs ou les rois pouvaient s’offrir. Elle n’était donc pas une mendiante ou une pauvresse, elle faisait dans le commerce de luxe. Et Paul et Silas qui vont s’inviter chez elle ne vont pas dans un taudis misérable. Elle travaille honnêtement mais elle ne fait pas de commerce de sa parole, pas plus que Paul. Le message chrétien forcément s’oppose à cette logique des pythoniens qui veulent à tout prix s’enrichir et qui en font le but ultime de leurs actions. Il est évident qu’il ne peut qu’y avoir conflit, le chrétien est forcément détesté par ces gens là. Ce que veut le chrétien, lui, c’est donner, pas profiter de la crédulité des gens pour gagner plus. Le chrétien, ce qu’il prêche, ce n’est pas « enrichissez vous », mais « appauvrissez vous » en donnant et en partageant. On est évidemment dans deux logiques totalement différentes.

Et puis ces pythoniens qui tentent de garder le pouvoir sur les esprits en les terrorisant ne peuvent aimer ces chrétiens qui sont libres et qui n’ont pas peur de l’avenir. C’est pourquoi ils tentent d’enfermer Paul et Silas. Mais cette liberté du Chrétien est invulnérable. Rien ne peut la réduire, aucune menace, aucune action. L’arme du Chrétien, c’est la prière. Quand Paul et Silas prient, les fondements s’ébranlent et les portes s’ouvrent. La prière, c’est une fenêtre ouverte, c’est un vent de liberté qui s’offre au croyant. Prier, c’est sortir de sa prison, sortir de son marasme, de sa crainte, de son découragement pour regarder vers le haut, pour tendre la main vers un Dieu d’espérance, de vie, de lumière et de paix. Rien ne résiste à cette prière qui s’ouvre à un Dieu de vie, parce qu’en lui est la puissance même de la vie.

Aucun déterminisme ne peut abattre un chrétien qui prie. N’ayons donc pas peur, et n’écoutons pas ces oiseaux de malheur qui nous entourent, ces pythons, ces ventriloques de la vérité divine, ces prévisionnistes, démographes, climatologues ou autres spécialistes. Bien sûr, il faut se comporter matériellement d’une façon raisonnable et responsable, mais il ne faut pas céder à la crainte, ni se laisser envahir, ou gouverner par la crainte.

Le Christ a déjà vaincu le serpent, il l’a terrassé, nous avons déjà été libérés, pour vivre heureux, quelles que soient les circonstances matérielles, notre avenir est beau et bon. Parce qu’il y a un Dieu qui nous aime, et qui nous invite à aimer.

Rien, aucune muraille ne peut nous séparer de l’amour de Dieu. Aucune circonstance ne peut nous empêcher d’avoir quelqu’un à aimer à côté de nous.

Quittons donc tous ces esprits pythons, n’ayons rien à faire avec eux, et sortons de cette ville angoissante de cette société matérialiste et désespérante pour aller vers la rivière où coule une eau vive qui est celle de la présence de Dieu, pour nous y baigner et naître à une vie nouvelle en invitant cette bonne parole de Paul et des apôtres à habiter avec nous en nous et chez nous.

Nous ne serons alors plus sous l’emprise du python, de l’ancien serpent dévastateur, mais de l’esprit du créateur du monde qui est un esprit de joie, de vie, de paix, d’espérance et de fraternité.

 

(Merci à Philippe Lefebvre pour son livre: Brèves rencontres. Vies minuscules de la Bible aux éditions du Cerf qui m'a inspiré)

 

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Actes 16:11-40

Embarqués à Troas, nous avons fait voile directement vers Samothrace, et le lendemain vers Néapolis. De là, (nous sommes allés) à Philippes, qui est la première ville de ce district de Macédoine et une colonie (romaine). Nous avons séjourné quelques jours dans cette ville.
Le jour du sabbat, nous nous sommes rendus hors de la porte, vers une rivière, où nous pensions que se trouvait (un lieu de) prière. Après nous être assis nous avons parlé aux femmes qui étaient réunies. Il y avait là une femme craignant Dieu, du nom de Lydie, marchande de pourpre, de la ville de Thyatire. Elle écoutait, et le Seigneur lui ouvrit le cœur, pour qu’elle s’attache à ce que disait Paul. Lorsqu’elle eut été baptisée avec sa famille, elle nous invita en disant : Si vous me jugez fidèle au Seigneur, entrez dans ma maison et demeurez-y. Et elle nous pressa très instamment.

Comme nous allions au lieu de prière, une servante qui avait un esprit de Python et qui, par ses divinations, procurait un grand profit à ses maîtres, vint à notre rencontre. Elle se mit à nous suivre, Paul et nous, et criait : Ces hommes sont les serviteurs du Dieu Très-Haut, et ils vous annoncent la voie du salut. Elle fit cela pendant plusieurs jours. Paul, excédé, se retourna et dit à l’esprit : Je t’ordonne, au nom de Jésus-Christ, de sortir d’elle. Et il sortit à l’heure même.

Les maîtres de la servante, qui voyaient disparaître l’espoir de leur profit, saisirent Paul et Silas et les traînèrent sur la place publique vers les magistrats. Ils les amenèrent aux préteurs et dirent : Ces hommes troublent notre ville ; ce sont des Juifs, qui proclament des coutumes qu’il ne nous est permis ni de recevoir ni de pratiquer, à nous qui sommes Romains. La foule se souleva aussi contre eux, et les préteurs, après avoir fait arracher leurs vêtements, ordonnèrent de les battre de verges. Après les avoir roués de coups, ils les jetèrent en prison, en recommandant au geôlier de les tenir sous bonne garde. Celui-ci, qui avait reçu cette recommandation, les jeta dans la prison intérieure et leur mit les ceps aux pieds.

Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu, et les prisonniers les écoutaient. Tout à coup il se produisit un grand tremblement de terre, au point que les fondements de la prison furent ébranlés ; au même instant, toutes les portes s’ouvrirent, et les chaînes de tous (les prisonniers) se détachèrent. Le geôlier se réveilla, et lorsqu’il vit les portes de la prison ouvertes, il tira son épée ; il allait se tuer, pensant que les prisonniers s’étaient enfuis. Mais Paul cria d’une voix forte : Ne te fais aucun mal, nous sommes tous ici. Alors le geôlier demanda de la lumière, entra précipitamment et tomba tout tremblant devant Paul et Silas ; il les mena dehors et dit : Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? Ils répondirent : Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille. Et ils lui annoncèrent la parole du Seigneur, ainsi qu’à tous ceux qui étaient dans sa maison. Il les prit avec lui, à cette heure même de la nuit, lava leurs plaies, et aussitôt il fut baptisé, lui et tous les siens. Il les fit monter dans sa maison, mit la table et se réjouit avec toute sa famille d’avoir cru en Dieu.

Quand il fit jour, les préteurs envoyèrent les licteurs pour dire (au geôlier) : Relâche ces hommes. Le geôlier rapporta ces paroles à Paul : Les préteurs ont envoyé dire de vous relâcher ; maintenant donc sortez, et allez en paix. Mais Paul dit aux licteurs : Après nous avoir fait battre publiquement et sans jugement, nous qui sommes Romains, ils nous ont jetés en prison, et maintenant ils nous mettraient dehors secrètement ? Non pas ! Qu’ils viennent eux-mêmes nous libérer. Les licteurs rapportèrent ces paroles aux préteurs, qui furent dans la crainte en apprenant qu’ils étaient Romains. Ils vinrent les apaiser et les libérèrent, en les priant de quitter la ville. Quand ils furent sortis de la prison ils entrèrent chez Lydie, et, après avoir vu et exhorté les frères, ils partirent.