L'extraordinaire discours de Pierre

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Prédication prononcée le 4 décembre 2016, au Temple de l'Étoile à Paris,

par le pasteur Louis Pernot

 

Pour tout prédicateur, il y a une référence qui devrait être absolue : le premier discours de Pierre au moment de la Pentecôte (Actes 2:14-36). Là Pierre fait un sermon qui sera comme le coup de canon marquant le début de l’Eglise. A l’écoute de ses paroles, la foule est bouleversée, et dit-on, 3000 âmes se convertirent au Seigneur.

Ce discours a donc été d’une efficacité merveilleuse, et la tentation, pour le prédicateur est de penser qu’il lui suffirait de lire ce discours plutôt que d’inventer des prédications sans doute moins bonnes, et espérer ainsi l’effet d’une nouvelle Pentecôte. Ou au moins voudrait-t-on analyser ce discours et essayer de trouver quel argumentaire a pu ainsi convertir tant de monde. Mais voilà, il faut l’admettre, à première vue, ce discours ne nous parle plus. Il semble long, sans intérêt, il fait des détours interminables par des prophéties qui nous laissent insensibles. Il est bien difficile de trouver le moindre intérêt aujourd’hui à ce sermon, et on aurait beau le lire à nos contemporains que personne ne se convertirait.

Sans doute doit-il y avoir un décalage culturel, nous ne sommes pas ceux à qui ce discours a été adressé. Or on ne peut douter que ce discours comprenne en lui-même tout le germe de la nouvelle Eglise, la base de toute conversion possible à la Bonne Nouvelle. Il faut donc un décryptage, analyser pour trouver le trésor qui se cache dans les mots de Pierre, essayer de comprendre ce qui a pu convertir ses auditeurs, pour pouvoir retraduire pour notre temps ce qui a fait la puissance de ces paroles de Pierre.


Ce par quoi commence Pierre ne sont pas des discours ou des arguments intellectuels, il renvoie d’abord à ce qu’ont pu voir ceux qui étaient là : des disciples de Jésus tout pleins d’Esprit, d’une joie débordante et communicative qui leur fait aller vers tous pour en parler dans toutes les langues. Il leur dit donc :

Vous Juifs, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, sachez ceci et prêtez l’oreille à mes paroles ! 15Ces gens ne sont pas ivres comme vous le supposez, ... 16Mais c’est ce qui a été dit par le prophète Joël :... Je répandrai de mon Esprit sur toute chair ..., Dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit ; ... 19Je ferai des prodiges en haut dans le ciel Et des signes en bas sur la terre, ..., Ce jour grand et magnifique. ....

Voici la première chose qui convertira les foules, non pas un discours, mais l’exemple des croyants. On les voit pleins d’une joie extraordinaire. Un chrétien gris, triste et ordinaire n’a que peu de chance de donner à d’autres envie de s’approcher d’une foi qui aurait si peu d’effet sur sa vie. Et pour nous, nous pouvons voir aussi que l’Evangile peut changer des vies, rendre certains infiniment heureux, forts, joyeux, libres, enthousiastes. On peut voir là qu’il y a une vraie bonne nouvelle, une puissance extraordinaire qu’on ne peut qu’envier.

Ensuite, Pierre dit que cette joie, elle vient de Dieu, elle vient de l’Esprit que Dieu répand sur chacun. C’est là assez nouveau pour les juifs de l’époque qui l’écoutait. On croyait alors dans le judaïsme que l’esprit de Dieu avait soufflé autrefois, du temps de l’Ancien Testament, mais qu’avec les derniers prophètes il avait cessé. Ainsi voit-on dans l’histoire sainte la vie extraordinaire de ce peuple guidé par l’Esprit : Abraham qui quitte tout pour la Terre promise, Moïse qui rencontre un buisson ardent et qui part libérer son peuple. Moïse qui traverse la Mer Rouge, le peuple qui marche dans le désert, qui manque de mourir de faim, mais qui trouve une nourriture providentielle, Moïse qui monte sur le Sinaï et reçoit là la Loi qui fera vivre le peuple. Quelles expériences, quel destin, quel souffle !... Or on pensait alors qu’après les derniers prophètes, l’esprit avait cessé de souffler, plus de révélation, plus d’extraordinaire, et le peuple devait se contenter alors de pratiquer la loi. La religion était ainsi devenue du scrupule, de la pratique, de la morale, des rites sans vie et sans joie. Pierre montre qu’une aire nouvelle s’ouvre, la relation à Dieu n’a plus besoin d’être ainsi une religion d’observance triste et sans vie, elle peut redevenir une joie et la fête d’un peuple guidé par un Esprit effervescent.

Et par ailleurs, la bonne nouvelle est aussi que cet Esprit est offert à tous, aux serviteurs et servantes. L’Esprit n’est plus réservé aux seuls prêtres ou prophètes, mais à tous, chacun devient prêtre prophète, chacun peut bénéficier directement de la puissance de Dieu gratuitement.

Et dans les promesses sont en plus des prodiges, des choses extraordinaires et magnifiques. Et c’est là réel : celui qui accueille le Christ des choses merveilleuses deviennent possible dans sa vie, de la nouveauté, de l’imprévisible, de l’extraordinaire, tout devient possible au delà des déterminismes humains que l’on nous impose.

La sagesse de Dieu est folie pour les hommes (1 Cor. 1:25), et accueillir Dieu, c’est faire place à l’extraordinaire, à la libération par rapport à la grisaille d’une vie matérielle sans relief, à des prévisions humaines sans élan, voire désespérantes. Accueillir Dieu dans sa vie, c’est mettre en soi une puissance explosive de joie, de folie et d’imprévisible menant à la vraie vie.

Ainsi voudrait-on exhorter les jeunes qui veulent se dire chrétiens par ces paroles du Christ : « Que faites vous d’extraordinaire ? » (Matt. 5:47) . Qu’est un chrétien si il n’a qu’une vie comme tout le monde ? C’est l’Esprit de Dieu qui peut faire toute chose nouvelle. La misère de notre société laïque, c’est de n’offrir à notre jeunesse que du vide, pas d’idéal, pas d’élan, on leur demande juste de ne pas être délinquant et de se tenir tranquille et de n’avoir aucune foi qui dérange les autres. On comprend que des recruteurs intégristes aient la part belle, devant ce vide ils arrivent et proposent de l’extraordinaire, du grandiose, une pensée, de l’idéal, une mission hors du commun, un destin peut-être tragique, mais unique. On comprend que certains jeunes tombent dans leurs filets. Mais il n’y a pas qu’en devenant terroriste qu’on peut avoir un destin extraordinaire. On peut être un extrémiste de l’amour, de la grâce, du service du plus démuni, et un djihadiste de la paix et de la fraternité.

Ainsi, c’est l’exemple de ces premiers chrétiens qui sera le plus grand argument pour convertir les foules présentes : voyant cette puissance de vie et de joie on ne peut qu’en être émerveillé, et Pierre dit que cette source se trouve en Dieu qui a décidé de l’offrir à tous, cela devient ainsi possible à chacun d’accueillir cette merveille.

Il va alors en dire plus et expliquer d’où cela vient et comment cela peut se faire.

Curieusement pour cela, il fera un premier détour, et devra passer par la christologie.

22Israélites, écoutez ces paroles ! Jésus de Nazareth, cet homme approuvé de Dieu devant vous ...; 23cet homme, ..., vous l’avez fait mourir en le clouant (à la croix) ... 24Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort...

On remarquera d’abord en passant, cette confession de foi fort curieuse de Pierre qui voit le Christ à partir de l’homme « Jésus de Nazareth, cet homme approuvé par Dieu ». Il ne dit pas que Jésus soit le fils de Dieu ou Dieu venant visiter les hommes. Les théologiens contemporains n’aiment pas trop cela et disent qu’il doit s’agir d’une christologie primitive. S’il faut être primitif pour avoir l’Esprit de Dieu alors pourquoi pas ! Ne nous prétendons pas plus malins que Pierre et restons-en là !

Ensuite son argumentaire va s’appuyer sur une affirmation pour le moins étrange car fondamentalement discutable : il dit à ceux qui l’écoutent que cet homme Jésus donc, « vous l’avez fait mourir ». Comment peut-on entendre cela sans remarquer le problème ? Jésus a été mis à mort par une poignée d’opposants, mais on ne peut évidemment pas dire que tous les juifs de Jérusalem aient pu être favorable à sa mise à mort. Tout le monde n’a pas approuvé d’une voix cette condamnation malhonnête. Et puis d’abord tous n’étaient pas présents, d’autant qu’on est là à une grande fête et la plupart venant de loin juste pour cet événement et n’étaient évidemment pas à Jérusalem pendant la passion. Il nous est cité 17 nationalités d’étrangers venus spécialement bien après la mort du Christ. Comment Pierre peut-il leur dire qu’ils ont tous pu faire mourir le Christ ?

Il faut donc d’abord se demander ce que signifie de faire mourir le Christ.

On pense aux sermons culpabilisateurs qui sont faits parfois en disant aux enfants des catéchismes que chaque fois qu’ils oublient le Christ ou agissent contre sa volonté, ils le crucifient. Cette façon de rendre coupable le fidèle en l’invitant à s’accuser lui-même de la mort du Christ est une horreur. Culpabiliser les gens ne mène à rien de bon, chacun de nous est assez coupable comme cela, de beaucoup de choses et sans cesse, on le sait bien, il ne sert à rien d’en rajouter. Pourtant, c’est la mode aujourd’hui de demander pardon pour tout. Les catholiques demandent pardon pour la saint Barthélémy, les protestants pour la mise à mort de Michel Servet, mais c’est une vision perverse de la réalité, on n’est réellement coupable que de ce que l’on a fait, pas de ce qu’on fait nos parents ou d’autres qui nous auraient précédés. Non, ce n’est pas moi qui ai crucifié le Christ, ni cassé le vase de Soisson, ni fait le génocide arménien.

Alors en quoi pouvons nous dire qu’il y aurait une manière de tuer le Christ aujourd’hui ? Sans doute est-ce en le déclarant mort, c’est-à-dire en refusant de croire à sa résurrection. Dire que Jésus est mort, c’est en rester à la croix, aux clous, à son agonie et à sa mort physique. C’est rester bloqué sur le mal ou l’impression de l’échec de sa mission. C’est imaginer qu’il n’a plus rien à nous dire, que sa vie n’est qu’une histoire passée, enterrée, et sans postérité. Au contraire, nous chrétiens pensons qu’aujourd’hui encore Christ est vivant, qu’il nous accompagne, que son message est toujours et plus que jamais d’actualité, et propre à nous remplir d’espérance et nous mettre sur un chemin de vie. Etre chrétien, c’est précisément dire que Christ n’est pas mort, l’opposé serait le tuer une deuxième fois.

Il en est de même pour nos précieux défunts. Lors des services funèbres, nous affirmons qu’ils sont vivants, qu’ils nous accompagnent par tout ce qu’ils nous ont transmis, par ce qu’ils nous ont donné, par l’amour qu’ils ont partagé. Celui qui cyniquement dirait que le mort est mort et qu’il n’en reste rien, le tuerait une deuxième fois et d’une manière encore plus grave que sa mort physique.
C’est peut-être dans ce sens que Jésus a dit à celui qui voulait enterrez son père avant de le suivre : « laisse les morts enterrer leurs morts » (Matt. 8:22). Ce n’est pas pour l’empêcher de faire quelque rite funéraire, mais il lui demande de ne pas enterrer son père ce qui serait l’oublier au fond d’un trou de terre. Il faut garder son père vivant, il est là, il m’accompagne et d’une certaine manière il n’est pas mort parce qu’il est vivant pour Dieu et vivant encore dans mon cœur.

La clé de la chose, c’est donc de croire dans la résurrection. Si nous ne sommes que de la chair promise à la mort, alors il ne peut y avoir de joie ni de fête, mais qu’une condamnation effroyable à une mort inéluctable et toute-puissante qui aurait nécessairement le dernier mot pour nous entrainer dans le néant. C’est le désespoir total. Croire dans la résurrection, c’est croire que nous ne sommes pas condamnés à la mort mais promis à la vie, pas crucifiés par l’absurde et l’inéluctable, mais ouverts à la vie et à la joie.

Mais dans quelle résurrection pouvons nous croire ? Là aussi, Pierre fait une leçon de théologie pour l’expliquer, et pour cela il va faire un autre détour en passant par David :

25Car David a dit ... 26Voilà pourquoi mon cœur se réjouit et ma langue est dans l’allégresse ; Et même ma chair reposera avec espérance ; 27Car tu n’abandonneras pas mon âme dans le séjour des morts, Et tu ne laisseras pas ton Saint voir la corruption.  28Tu m’as fait connaître les chemins de la vie, Tu me rempliras de bonheur par ta présence.

Voilà en effet de belles promesses de résurrection pour David dans ce Psaume  16, il est dit qu’il ne mourra pas. Donc il faut savoir qu’il y a plus puissant que la mort : nous ne sommes pas condamnés à mort, ni à subir la mort de ceux que l’on aime. Et en plus il y a là de belles promesses pour tous : la joie, reposer espérance, la libération de la mort, pas de corruption, mais un chemin de vie et de bonheur par la présence de Dieu. Voilà un beau programme, et une belle espérance pour nous tous qui vivons condamnés à ce monde de mort et de violence.

Dieu donc nous promet la résurrection comme à David, mais de quelle résurrection s’agit-il ? Que devons nous attendre et espérer ? Pierre continue :

29Frères, qu’il me soit permis de vous dire franchement, au sujet du patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli et que sa tombe existe encore parmi nous jusqu’à ce jour. ..., 31il a prévu par ses paroles la résurrection du Christ ...

L’apôtre ne travestit pas la vérité et il est même là assez brutal : oui, David, physiquement, il est mort et enterré. C’est une réalité. Et donc il faut bien admettre que la résurrection promise n’est pas de cet ordre physique, elle est de l’ordre de l’esprit. Elle est comme le Christ en tant qu’il est présent en nous et aujourd’hui vivant parmi nous, en esprit, dans cet Esprit que le Christ nous donne de la part de Dieu. Et cette dimension de l’esprit qui vit éternellement, Dieu la fait Seigneur, elle est plus grande que tout, plus essentielle que n’importe quelle vie physique qui de toute façon doit finir. Et elle nous donne toutes les promesses énumérées ci dessus : c’est ça la résurrection, une puissance de vie, de paix de joie, de renouveau qui nous est offerte.

37Après avoir entendu cela, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Frères, que ferons-nous ?

On comprend alors que les auditeurs de Pierre aient été bouleversés par ces propos parce qu’il ne s’agit pas de théologie théorique ou dogmatique concernant Jésus, mais de leur propre vie, de cette expérience fondamentale de se sentir condamné à mort, de devoir subir la dureté de ce monde matériel, et de pouvoir espérer la douceur, la joie et la vie. Il est dit qu’ils ont « le cœur transpercé par ces paroles », ils reconnaissent là le problème fondamental de leur vie : surmonter la mort, la sienne et celle de ceux que l’on a aimé, pouvoir être heureux et en paix.

Ils disent alors « Que ferons nous ? ». Ce n’est pas pour dire comme certains le croient « puisque nous sommes convertis, que ferons nous pour le Seigneur ? » mais plutôt, « que faire pour obtenir concrètement ce que tu nous promets, pour avoir cet esprit de vie et de joie dans nos existences ? » Quelle méthode, quels moyens ?

38Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. 39Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ..: Sauvez-vous de cette génération perverse.

Voilà la méthode de Pierre : se repentir, recevoir le baptême et se sauver de cette génération perverse, alors il y aura des trésors pour soi et pour tous ses enfants.

Se repentir ne consiste pas à se sentir encore et encore coupable de telles ou telles fautes, mais plutôt de reconnaître ses faiblesses, ou plutôt sa faiblesse constitutionnelle. Se repentir c’est d’admettre que l’on n’est pas soi-même tout puissant, c’est renoncer à son désir narcissique de prétendre pouvoir tout, tout maîtriser, tout posséder et tout réussir. C’est savoir qu’on n’est pas le centre du monde, qu’on n’est pas le meilleur ou le plus important, c’est renoncer à tout posséder et à se prendre soi-même pour Dieu, c’est renoncer à croire qu’on pourrait par ses propres forces faire de sa vie un chef d’œuvre magnifique qui mériterait d’être sauvé pour l’éternité. C’est là la condition sine qua non pour pouvoir vivre en adulte et heureux. En effet, c’est ainsi qu’on se rend disponible aux autres et à Dieu, qu’on peut recevoir au lieu de vouloir tout faire par soi même. Or la vie, la joie et l’amour ne peuvent que se recevoir, et la joie c’est d’être en relation. Si l’on n’est pa pas passé cette étape alors non seulement on ne peut arriver vraiment à rien parce que personne ne peut se sauver lui-même ou par ses propres forces en devenant parfait, mais ses propres erreurs ou manques deviennent insupportables et mortifères.

Se repentir c’est donc ouvrir une porte sur les autres et sur Dieu, c’est s’ouvrir à la grâce et à la vie.

Mais en même temps, reconnaître sa faiblesse ou ses erreurs ne doit pas nous écraser en nous culpabilisant davantage. C’est pourquoi le deuxième point de la méthode de Pierre est essentiel : accueillir le pardon du péché. Se sentir justement pardonné et accepté. Ainsi il ne faut pas en rester à ce qui nous humilie, mais en profiter pour sortir et aller au delà en quête de cette vie qu’on ne peut trouver ne nous.

Et au delà de tout cela encore, le baptême en Jésus Christ, c’est de se plonger dans la grâce. Voilà le secret le plus essentiel pour vivre heureux : plonger sa vie dans un bain de grâce. Faire de la grâce une deuxième nature, ce qui revêt toute notre existence. Vivre de la grâce, et pour la grâce, en faire le fondement de tout. Or la grâce, c’est un mot d’Eglise, mais il signifie simplement tout ce qui est gratuit. La grâce, c’est de savoir donner, et aussi de savoir recevoir gratuitement avec reconnaissance, la grâce, c’est de pardonner, et d’accepter le pardon, c’est d’aimer, et d’être aimé, de faire plaisir, et de se faire plaisir. Aujourd’hui, on aime parler de bienveillance, c’est une forme de grâce, et vouloir faire de ces grâces le fondement, le sens, l’ossature de sa vie, de vivre pour la grâce et par la grâce, c’est le secret ultime de toute vie heureuse, accomplie, réussie et éternelle. Il n’y a que ce qui est de l’ordre de la grâce qui donne sens à notre vie et qui peut nous donner du bonheur, et nous sauver du temps qui détruit tout par l’accès à une certaine éternité. Parce que ce qui est donné est donné, pour toujours et le don va au delà des limitations temporelles de notre existence, il demeure pour l’éternité. C’est pourquoi aussi vivre plongé dans la grâce, c’est recevoir l’esprit, et pouvoir le redonner à ses enfants et aux enfants de nos enfants, c’est accepter de se laisser transformer par Dieu, s’ouvrir à sa puissance.

Ainsi peut-on accepter d’agir différemment de tout le monde, sortir de cette logique du monde qui n’est que rétribution, jugement, donnant-donnant et mérites. Tout cela est peut-être utile pour le monde, mais terriblement écrasant. Il faut savoir sortir de cette logique implacable que veut nous imposer le monde, sortir de cette « génération perverse » comme le dit Paul en acceptant de devenir différent, et prophétique. Alors s’ouvre une voie devant nous qui est une joie de folie pour nous et pour le monde qui nous entoure.

 

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Actes 2:16-41
Vous Juifs, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, sachez ceci et prêtez l’oreille à mes paroles ! 15Ces gens ne sont pas ivres comme vous le supposez, car c’est la troisième heure du jour. 16Mais c’est ce qui a été dit par le prophète Joël :
17Dans les derniers jours, dit Dieu, Je répandrai de mon Esprit sur toute chair ;
Vos fils et vos filles prophétiseront Vos jeunes gens auront des visions, Et vos vieillards auront des songes.
18Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes, Dans ces jours-là, je répandrai de mon Esprit ;
Et ils prophétiseront.
19Je ferai des prodiges en haut dans le ciel Et des signes en bas sur la terre, Du sang, du feu et une vapeur de fumée ;
 20Le soleil se changera en ténèbres, Et la lune en sang, Avant que vienne le jour du Seigneur, Ce jour grand et magnifique.
21Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. (Joël 3,1-4)
22Israélites, écoutez ces paroles ! Jésus de Nazareth, cet homme approuvé de Dieu devant vous par les miracles, les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes ; 23cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez fait mourir en le clouant (à la croix) par la main des impies. 24Dieu l’a ressuscité, en le délivrant des liens de la mort, parce qu’il n’était pas possible qu’il soit retenu par elle.
25Car David a dit de lui :
Je voyais constamment le Seigneur devant moi,
Parce qu’il est à ma droite, afin que je ne sois pas ébranlé.
26Voilà pourquoi mon cœur se réjouit et ma langue est dans l’allégresse ;
Et même ma chair reposera avec espérance ;
27Car tu n’abandonneras pas mon âme dans le séjour des morts,
Et tu ne laisseras pas ton Saint voir la corruption.
28Tu m’as fait connaître les chemins de la vie,
Tu me rempliras de bonheur par ta présence. (Ps 16 :8-11)
29Frères, qu’il me soit permis de vous dire franchement, au sujet du patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli et que sa tombe existe encore parmi nous jusqu’à ce jour. 30Comme il était prophète et qu’il savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir un de ses descendants sur son trône, 31il a prévu par ses paroles la résurrection du Christ qui, en effet, n’a pas été abandonné dans le séjour des morts et dont la chair n’a pas vu la corruption. 32Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous en sommes tous témoins. 33Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint qui avait été promis, et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez. 34Car David n’est pas monté dans les cieux, mais il dit lui-même :
Le Seigneur a dit à mon Seigneur ; Assieds-toi à ma droite,
35Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. (Ps 110 :1)
36Que toute la maison d’Israël sache donc avec certitude que Dieu a fait Seigneur et Christ ce Jésus que vous avez crucifié.
37Après avoir entendu cela, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Frères, que ferons-nous ?
38Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. 39Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. 40Et, par beaucoup d’autres paroles, il rendait témoignage et les exhortait, en disant : Sauvez-vous de cette génération perverse.
41Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et en ce jour-là, furent ajoutées environ trois mille âmes.

 

Psaume 16

Garde-moi, mon Dieu
J'ai fait de toi mon refuge
J'ai dit à l'Éternel : " Tu es mon Dieu !
Je n'ai pas d'autre bonheur que toi ! "
Toutes les idoles du pays, ces dieux que j'aimais
ne cessent d'étendre leurs ravages
et l'on se rue à leur suite...
Je n'irai pas leur offrir le sang des sacrifices
leur nom ne viendra pas sur mes lèvres !
Éternel, mon partage et ma coupe
de toi dépend mon sort
La part qui me revient fait mes délices
j'ai même le plus bel héritage !
Je bénis l'Éternel qui me conseille
même la nuit mon cœur m'avertit
Je garde l'Éternel devant moi sans relâche
Il est à ma droite : je suis inébranlable !
Mon cœur exulte, mon âme est en fête
ma chair elle-même repose en confiance
Tu ne peux m'abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption
Tu m'apprends le chemin de la vie
devant ta Face débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !