L'Evangile de Luc

Leçon pour Ecole Biblique (enfants de 8 à 12 ans)

Ce dessous, de simples notes pédagogiques, sans autre prétention que de donner des pistes de lecture pour les adultes voulant initier des enfants à la lecture des textes cités.

Elles seront perfectionnées au fur et à mesure, et complétées d'éléments pédagogiques d'animation.

 

La parabole de l'Intendant infidèle

 

Luc 16:1-8

C'est une parabole complexe. (Donc intéressante ! Mais sans doute l’une des plus difficiles)
On nous donne comme exemple un homme malhonnête ! Il se fait des amis sur le dos de son patron. Que faut il en penser ? Dieu encourage les voleurs? Non, bien sûr, (le reste de la Bible ne va jamais dans ce sens.)

 Prodigue2

Plusieurs solutions.
La première : au v. 8 « le maître loua l’économe infidèle de ce qu’il avait agi prudemment ». Il ne le loue pas d’avoir été malhonête, mais il le loue que dans sa malhonneteté il ait eu au moins une qualité, c’est de se demander où ça le menait dans l’avenir, où le menait sa vie. Plutôt que « prudent » il faudrait comprendre : « prévoyant ». Il était malhonnête, mais dans sa malhonnêté, il a au moins fait preuve de prévoyance. C'est dommage que les gens se posent cette question pour leur argent (choses matérielles, retraite...) et si peu les « enfants de lumière », c’est à dire pour la dimension spirituelle.


Deuxième solution : Clé pour interpréter une parabole : ce ne sont pas histoires morales ou à appliquer, mais des comparaisons pour parler des choses de Dieu. Donc transposer dans le domaine de la foi. Où est Dieu ? C’est le maître. Et nous ? Nous sommes l’intendant infidèle. Quelles richesses nous est-elle confiée ?  La vie. On peut la dilapider, se dire que c’est juste pour qu’on en profite sans penser aux autres, ne mène pas bien loin et un jour on meurt comme un imécile. Mais la vie n’est pas à présever comme une oeuvre d’art, on peut la dépenser... Mais au profit des autres, pour aider les autres, soulager leur poids, soulager les peines etc... Ca, Dieu trouve ça bien.


Autres choses que Dieu nous confie ou nous donne ? Le pardon, l’amour, la grâce. Mauvais usage de tout ça : juste en profiter, puisque Dieu nous pardonne faisons n’importe quoi. Ce qui est bon : distribuer aussi ce pardon et cet amour pour les autres.


(D’ailleurs on peut remarquer que le thème de la dette et du pardon est littéralement la demande du Notre père que nous connaissons sous la forme : « pardonne nous nos offenses » en fait il est écrit : « remets-nous nos dettes comme nous remettons à ceux qui nous doivent ». On a donc le droit de remettre les dettes au nom de Dieu, on peut donner le pardon, et même pardonner au nom de Dieu. Et on remarque que ne demande pas de pouvoir tout pardonner toujours, mais au moins 50% ou même 20%).


Troisième solution : Les « richesses injustes » ce ne sont pas les biens que nous aurions volés, mais toutes les chances que nous ne méritons pas. Qu’en faire ? Uniquement en profiter est un peu juste, on peut « se faire des amis » avec, c’est-à-dire convertir ces chances en qualités de relation, en amour. Et ça c’est se construire un trésor infiniment plus durable, parce que le seul vrai trésor, c’est l’amour, la relation. Le serviteur, il était gredin, mais il a eu la qualité de comprendre que la seule vraie richesse, qui dure, et qui peut nous soutenir dans les difficultés, c’est l’amitié, la relation.


C’est une parabole difficile, ce n’est pas une fable ayant une bonne morale, mais permet de faire refléchir sur la question de savoir où nous mène notre vie, et qu’est-ce qui reste de notre vie.

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