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Baptême de Jésus: laisse !

Prédication prononcée le 10 mars 2019, au temple de l'Étoile à Paris,
par le pasteur Louis Pernot 

Jésus insiste pour se faire baptiser par Jean Baptiste. Celui-ci ne veut pas en disant qu’il n’en est pas digne et que ce serait plutôt à lui d’être baptisé par Jésus. Mais Jésus dit simplement qu’il faut qu’il le fasse pour ainsi « accomplir toute justice », et alors Jean Baptiste accepte.

Cette histoire du baptême de Jésus est bien compliquée. Et tout d’abord, pourquoi Jésus a-t-il eu besoin de se faire baptiser par Jean ? Il faut se rappeler en effet que ce baptême n’avait rien à voir avec le baptême que nous pratiquons aujourd’hui. C’était un rite juif de purification qui était alors couramment pratiqué et auquel se livraient régulièrement certains juifs. Jean Baptiste, lui, invitait les gens à reconnaître publiquement le péché, à vouloir se convertir en revenant à Dieu, et il signifiait le pardon en les plongeant dans l’eau, pour qu’ils ressortent comme lavés de leur faute, propres et purs pour une vie nouvelle.

Pourquoi Jésus alors a-t-il éprouvé le besoin de se soumettre à ce rite, lui qu’on dit sans péché ? Et s’il était fils de Dieu dès sa conception il n’avait normalement pas besoin de conversion.

Il y a deux réponses à cette question. La solution bien pensante et classique consiste à dire que Jésus n’avait pas besoin de ce baptême de pardon, mais qu’il s’y est soumis pour montrer sa solidarité avec les hommes pécheurs, et faire comme eux. La solution moins classique consiste à penser que Jésus tout Messie qu’il a été a sans doute néanmoins commis des péchés et a eu besoin comme tout le monde du pardon de Dieu et de se recentrer parfois sa vie sur Dieu.

Chacun peut choisir sa solution, mais en fait aucune des deux n’est bonne ! Cela ne va pas : Jésus dit à Jean Baptiste qu’en se faisant baptiser par lui, ils accompliraient alors « toute justice ». Toute justice, ce n’est pas rien. La justice en effet, pour la Bible et en particulier pour Matthieu, c’est l’obéissance à Dieu, la manière d’accomplir sa volonté. Ainsi, accomplir toute justice, c’est accomplir l’ensemble de la volonté de Dieu, c’est d’un coup faire tout ce que Dieu peut attendre de nous. Ce geste est censé donc résumer tout l’Evangile à lui tout seul, il remplace tout le reste. Or si l’on dit que Jésus a juste fait ce baptême par solidarité avec l’humain, c’est certes sympathique et humble, mais on ne peut pas dire que cela remplace tout l’Evangile. Il y a donc certainement quelque chose d’autre !

Plusieurs hypothèses.
Tout d’abord, si on se place dans la logique classique d’un Christ fils de Dieu qui vient se mettre à la hauteur des hommes, on peut dire qu’au delà de l’exemple d’humilité, se trouve là le message de l’incarnation : Dieu vient à la rencontre de l’humanité, et la foi dans l’incarnation est la seule chose essentielle de la foi chrétienne. Croire dans un Dieu qui ne reste pas dans sa hauteur céleste, mais qui, par amour, vient à la rencontre de l’humanité jusqu’à en prendre la forme et en assumer l’état, est souvent vu comme la base, le fondement du christianisme lui-même. Et cela voudrait dire alors que croire en cela est tellement central que c’est plus important même que de se laisser baptiser par le Christ comme Jean prétendait le faire, ce qui se réduirait au message que l’on est pécheur et pardonné. L’incarnation serait donc l’article clé et central donnant sens à toute vie et à toute action.

Mais est-ce vrai ? D’un point de vue dogmatique, on peut en douter. Le fait d’adhérer à une doctrine, si juste soit-elle, ne suffit pas à « accomplir toute justice » et à rendre juste toute une vie.

Du point de vue mystique, peut-être est-ce plus acceptable : cela voudrait dire que l’essentiel, ce n’est pas la croyance, ou les bonnes ou mauvaises œuvres que nous faisons aussi bien que possible, mais la foi au sens affectif : le sentiment de la présence de Dieu, d’un Dieu qui s’approche. Cela peut changer une vie, quand on prend conscience qu’il y a un Dieu qui n’est pas lointain, mais qui en Jésus Christ s’est approché, et qu’il s’est donné, qu’il s’offre encore, qu’il est disponible, proche, plein de compassion et de compréhension. Pour le reste, on fait ce qu’on peut, et la doctrine elle-même est peut-être secondaire, pouvant n’être vue que comme un jeu intellectuel. C’est dans cette mouvance que se place la revue Evangile et Liberté qui affirme « la primauté de la foi sur les doctrines ».

Certains interprètent notre passage encore dans le sens d’une pédagogie de l’exemple : Jésus se laisse baptiser, et donne ainsi une leçon de vie à Jean Baptiste : il montre que le comble de la justice, c’est de ne jamais se considérer comme supérieur à qui que ce soit ou à quoi que ce soit. Même Jésus qui est le Christ refuse de se considérer comme étant au dessus de Jean Baptiste, ou au dessus des rites auxquels se soumettent les hommes. Ce serait un exemple d’humilité en quelque sorte, et l’humilité pourrait être l’accomplissement de tout l’Evangile. Certes l’humilité est une grande vertu, mais on ne peut pas dire que cela récapitule tout ce que Dieu attend de nous. Et d’autre part, cette lecture est illogique, car alors, certes Jésus donne un bel exemple, mais ce faisant il contrarierait la volonté d’humilité de Jean Baptiste qui précisément ne voulait pas se prendre pour grand. Jésus donne un exemple, mais contraint Jean-Baptiste au contre exemple. C’est incohérent !

Cependant, voir l’histoire sous la question des rapports entre petits et grands est sans doute une piste intéressante. On pourrait même y voir une sorte de modèle des relations dans l’Eglise : ce n’est pas forcément le plus grand qui doive baptiser le plus petit : celui qui baptise n’est que serviteur de celui qui est baptisé et qui est l’icône du Christ. Cela va à l’encontre du modèle clérical où le pasteur ou le prêtre est vu comme nécessairement plus important, plus saint, plus pur, plus sacré que le fidèle qui reçoit ses gestes liturgiques, ou sacramentels, ou qui écoute ses sermons. Ici, c’est celui qui est baptisé qui est le summum du sacré et du saint, pas celui qui baptise. Le sacré ne se troupe pas dans celui qui administre le sacrement, mais dans celui qui le reçoit.

Jésus, (qui représente Dieu) là ne se met pas du côté des purs, des donneurs de leçons, mais du côté des pécheurs, de ceux qui ont besoin des autres. Il n’est pas du côté des pharisiens, des professionnels de la religion et des rites, mais de celui des gens comme tout le monde.

La Réforme en cela a bien travaillé en désacralisant les pasteurs pour sacraliser l’assemblée et les fidèles eux-mêmes. Et c’est une chance pour les pasteurs, à qui on ne demande pas d’être, ou de faire comme si ils étaient de purs esprits, des anges dépourvus de corps, les pasteurs sont comme tout le monde, et ce n’est pas la prêtre ou le pasteur qui est l’image du Christ, mais le fidèle qui essaye de vivre sa vie de chrétien humblement dans le monde.

De toute façon, Jésus par son comportement vient résolument à l’encontre de toutes les convictions de Jean Baptiste. Lui était un activiste de la religion, il était un champion des bonnes œuvres, il était ascète, vivant dans le désert, se nourrissant de sauterelles. Il invitait à des actes pénitentiels forts : reconnaître publiquement ses fautes, accepter de naître à une vie nouvelle, et invitait à la conversion, à changer radicalement de vie et d’attitude. Jésus vient à lui et lui dit un seul mot essentiel, en grec : « ἄφες » ce qui signifie : « laisse » ! Les traducteurs rendent ce simple mot en général par « laisse faire ».

Voilà ce que Jésus dit à notre champion de l’ascèse : « laisse faire », sous entendu, laisse faire Dieu. Jean Baptiste en effet voyant Jésus voulait en ajouter encore, faire un autre et encore un acte de repentance pour lui, en confessant son péché, en se re-re-convertissant. Jésus l’en empêche, et lui dit en quelque sorte : « arrête de sans cesse vouloir en faire plus pour Dieu, arrête de te sentir coupable sans arrêt de tout ! Laisse donc Dieu agir lui-même dans ta vie, laisse toi faire par Dieu ! ».

Ce « laisse faire » est essentiel, et peut-être la première chose dans une bonne relation à Dieu qui est de lui faire confiance et de ne pas faire obstacle à son action. C’est Dieu qui vient à nous, il est bon de savoir que ce ne sont pas nos bonnes œuvres, ou notre démarche de pénitence ou de foi qui nous sauve, mais c’est lui et lui seul. La première chose donc, c’est d’accepter de le laisser faire. C’est lui qui nous sanctifie, il n’y a pas à en faire des tonnes pour tenter de l’obtenir par nous mêmes. De même Pierre, lors du lavement des pieds a du mal à accepter simplement que Jésus lui lave les pieds. Mais Jésus lui montre bien que la base de la foi est de laisser le Christ agir, « sinon, tu n’auras pas de part avec moi » dit-il ! Alors Pierre le laisse faire.

Et ce « ἄφες » et même plus radical que le « laisse faire » de nos traducteurs, il signifie tout juste : « laisse » ! « Laisse tomber » dirions nous en français courant : laisse les rites, les formules, et juste accueille le Christ dans ta vie telle qu’elle est. Sans doute y a-t-il dans la foi une part de lâcher prise par rapport à Dieu qui est une forme de confiance et d’humilité par rapport à lui permettant de le recevoir et de se laisser transformer par lui.

Ensuite Jésus invite Jean à faire comme d’habitude. C’est intéressant aussi. On peut entendre en effet ce « laisse », mais alors moi, que dois-je faire ? Accepter de recevoir ou de faire confiance ne nous met pas pour autant dans un rôle totalement passif. Jésus là demande à Jean Baptiste de le baptiser, ce qu’il faisait ordinairement en fait. Or, était-ce une bonne idée de faire comme Jean Baptiste faisait ? On n’en sait rien, Jésus ne dit pas que ce soit bien ou mal, qu’il adhère ou non, tout ce que l’on peut dire c’est que lui n’a jamais fait ainsi et il agira et prêchera vite assez différemment. Mais Jésus n’entre pas dans ce genre de question, il ne critique pas ce que fait Jean, il lui dit juste de faire comme il faut d’habitude... mais en plus de le faire pour lui, le Christ. C’est ça peut-être « accomplir toute justice » : faire ce que l’on fait ordinairement, quotidiennement, mais de le faire « pour le Christ ». Cette manière d’offrir son quotidien au Christ est même plus important que de se confesser sans cesse, ou de s’auto-culpabiliser, ou même de se rappeler qu’on ne dépend que de la grâce de Dieu. Cela risquerait de nous inciter à ne plus rien faire. Or tout ce que Dieu demande de nous, c’est de faire comme d’habitude, mais de l’associer à notre quotidien, de le rendre destinataire de tout ce que nous pouvons faire dans chaque instant de chaque journée. Cela va dans le sens de ce qu’enseigne la Réforme que l’essence même de l’acte religieux pour le croyant ne réside pas dans une pratique particulière, ou dans l’accomplissement de rites, mais de transformer chaque acte quotidien en acte religieux en le faisant « pour la seule gloire de Dieu ».

Cet ordre de Jésus : « laisse » que nous pouvons prendre pour nous résonne comme une demande de faire confiance à Dieu, de le laisser agir dans notre agir. C’est lui qui sanctifie notre quotidien. La fidélité à Dieu n’est pas un championnat de sainteté ou de bonnes œuvres, mais elle réside dans la simplicité de la confiance. Nous n’avons pas à tout gérer, à tout maîtriser, il faut juste laisser faire Dieu et le Christ dans nos vies, et faire avec lui.

Cette venue du Christ vers Jean Baptiste en effet révolutionne pour lui sa conception de Dieu d’une autre manière, le force à changer de logique. En effet, il semble que pour Jean Baptiste, il y avait une grande distance entre Dieu et le hommes, et du coup, cela imposait des devoirs importants pour l’homme afin de pouvoir s’approcher de Dieu, et toute une démarche pour pouvoir bénéficier de sa grâce. Jésus abolit cette distance. C’est lui qui vient à l’homme, et comme tout le monde, semblable à n’importe quel autre pécheur, il se met au niveau de chacun et ainsi abolit la distance. Et ce divin qui s’approche en Jésus Christ ne demande à Jean Baptiste aucun acte religieux, de contrition ou de quoi que ce soit, juste de l’accueillir et de l’associer à ce qu’il fait quotidiennement. C’est un changement radical de paradigme concernant les relations entre Dieu et l’humanité. Ce que montre Jésus, c’est que pour « accomplir toute justice », il n’y a pas à imaginer des efforts d’élévation de l’homme vers Dieu, mais juste un homme qui accueille avec simplicité Dieu qui vient vers nous. C’est tout le système qui sera précisé par la notion de salut par la grâce et non par les œuvres.

Jean Baptiste demandait aux gens de changer de vie, et à lui, Jésus dit seulement : « ne change rien », juste accueille le Christ dans ta vie. Ce n’est pratiquement pas la même religion. Jésus demande à Jean de faire avec lui comme avec tout le monde, d’arrêter de vouloir faire une séparation entre le sacré et le profane qui consiste à mettre Dieu très haut loin de la bassesse quotidienne. Il lui demande de mettre Dieu dans son quotidien. Et ainsi pour nous, chaque fois que nous faisons quelque chose pour quelqu’un, se dire qu’on le fait pour le Christ. Le Christ est celui qui est là en face de moi, il est le client qui m’achète une baguette de pain si je suis boulanger, l’élève à qui j’apprends à lire si je suis professeur. Je dois voir le Christ dans mon patron, ou mon employé... Dieu est dans le quotidien, quand on fait ce que l’on sait faire comme pour Dieu, il n’y a plus aucun sot métier, plus aucun acte dérisoire, tout devient saint et prière. Peu importe ce que je fais tant que je le fais pour Dieu et pour Christ, nous n’avons pas à essayer d’être des champions de Dieu, des exemples de pureté ou de sainteté, des experts de la vie spirituelle. Tout ce que Dieu nous demande, c’est de l’accueillir dans notre vie.

Ensuite, on peut remarquer que Jésus ne s’arrête pas au « laisse ». Il utilise ensuite un verbe à la première personne du pluriel : « que nous accomplissions ». Jésus n’invite donc pas à la passivité par rapport au Christ, mais il demande une action concrète, ou plutôt un faire ensemble, une synergie.

Cet « accomplissons ensemble » nous enseigne que nous ne devons pas tout attendre du Christ, qu’il nous baptise, qu’il nous pardonne nos péchés, qu’il nous donne la grâce. Ca c’est la pente sur laquelle s’engageait Jean. Dès qu’il voit le Christ, sa première idée est de lui demander qu’il le purifie, qu’il le pardonne et qu’il lui donne sa grâce. Jésus l’en empêche et lui dit : « faisons ensemble ». Il demande une action concrète en coopération avec le Christ. Il lui demande d’être acteur, et, nous l’avons vu, de faire finalement comme s’il n’était pas là ! Nous devons faire comme si le Christ était un simple quidam, et faire comme si chaque quidam était le Christ. Pour Jean, cela semble dérisoire, indigne, insuffisant. Mais sans cesse, Jésus invite ses fidèles à ne pas sous-estimer leur action. Ainsi de même, lors de la multiplication des pains, les disciples s’adressent à Jésus parce que la foule a faim. Ils pensent que c’est à lui de faire quelque chose. Mais il répond : « donnez vous leur vous-mêmes à manger ». C’est aux disciples d’agir. Eux pensent que leur action ne peut être suffisante : « mais Seigneur, nous n’avons là que cinq pains et deux poissons ». Cela peut sembler dérisoire pour une foule de 5000 personnes. Mais non. Il faut le faire quand même, il faut accepter que Dieu puisse avoir besoin de nous. Rien n’est trop petit ou méprisable dans notre vie ou ce que nous pouvons faire. Dès que le Christ y est associé, c’est une grande œuvre.

Mais pourrions nous alors dire, si on pousse la logique du texte à bout, que Jésus avait besoin qu’on le baptise ? Que ce ne soit pas juste un simulacre en quelque sort ? Peut-être en effet y a-t-il là une piste féconde : pour avoir une foi positive en Dieu par Jésus Christ, il faut que Dieu, dans notre esprit soit lavé de toute culpabilité d’une possible responsabilité dans le mal. Peut-être est-ce même un point essentiel à vérifier au départ de tout système de foi : que Dieu ne puisse en aucun cas est considéré comme malfaisant. On sait en particulier que la prévention de beaucoup de gens qui se disent athées contre la religion est du type : « Si Dieu existait, il n’y aurait pas tout ce mal que nous voyons dans le monde, ou cette souffrance ». Autrement dit, et sur ce point ils ont raison, si on pense que Dieu peut être responsable du mal qui nous arrive, comment pourrions nous croire en lui, mettre notre confiance en lui, et prendre au sérieux tout le message de la grâce et de l’amour dont on nous dit qu’il nous destine. Certes, l’argument exposé comme ça est très primitif et il y a beaucoup de solutions possibles au problème du mal qui permettent de sauver l’idée de la bonté infinie de Dieu. Mais quel que soit la théologie que l’on veuille adopter, il faut au départ se débrouiller pour qu’en aucun cas on ne puisse penser que Dieu puisse faire du mal à qui que ce soit. C’est cela baptiser le Christ dans le sens du geste de Jean Baptiste du pardon des péchés : on ne peut croire dans un Dieu que s’il est exempt de toute collusion avec le mal. Sans cela, la foi est impossible.

Ensuite, on peut continuer dans ce sens en prenant au sérieux le verbe impératif « laisse ». En effet, ce verbe est celui qui est traduit bien souvent ailleurs dans le sens de « pardonner ». En particulier dans le Notre Père, ce que nous disons : « pardonne nous nos offenses comme nous pardonnons... » est écrit littéralement : « laisse nous dos dettes comme nous laissons à ceux qui nous doivent ». Ce « laisse » induit donc la notion de pardon. Et ce n’est sans doute pas un hasard dans le contexte de notre histoire où précisément tout tourne autour du pardon. Si on entend ce « laisse » dit par Jésus à Jean dans ce sens, cela lui dirait en plus de tout ce que nous avons vu en première lecture : « pardonne ». Ce « pardonne » peut être compris dans le sens de ce que nous venons de voir : « pardonne à Dieu de ne pas être comme tu voudrais, accepte Dieu comme il est, et ne le rends pas responsable ou coupable du mal ». Ou alors, peut-être Jésus invite-t-il Jean à ne pas seulement annoncer le pardon de Dieu et à rester spectateur de la grâce, mais à devenir justement acteur avec Dieu de cette grâce, en pardonnant lui-même. En mettant en lien le pardon de Dieu et le pardon que l’homme peut donner, on irait justement dans le sens de la 5e demande du Notre Père que nous avons évoqué.
C’est ainsi que Jean en premier, et nous à sa suite, sommes invités à accomplir « toute justice ». Cette justice, ce n’est pas celle des pharisiens, d’accomplir des rites ou des pratiques, mais simplement de se savoir pécheur et pardonné. C’est d’accueillir Dieu dans sa vie avec simplicité, et faire son quotidien en y associant le Christ. Cette justice à laquelle nous invite le Christ ne se trouve pas dans des actes, mais dans une juste relation à Dieu. Il n’est pas question de savoir qui est plus ou moins pécheur qu’un autre, de savoir qui est le plus grand. Se sentir supérieur ou inférieur à qui que ce soit n’est jamais positif ni créatif, mais par rapport à Dieu on doit simplement faire son devoir en sachant que Dieu lui, nous juge dignes d’agir pour lui et même d’être et d’exister dans ce monde.

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Matthieu 3:13-17

13Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui. 14Mais Jean s’y opposait en disant : C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi et c’est toi qui viens à moi ! 15Jésus lui répondit : Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi toute justice. Alors Jean le laissa faire. 16Aussitôt baptisé, Jésus sortit de l’eau. Et voici : les cieux s’ouvrirent, il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. 17Et voici qu’une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection.

Esaïe 42:1-9

1Voici mon serviteur auquel je tiens fermement,
Mon élu, en qui mon âme se complaît.
J’ai mis mon Esprit sur lui ;
Il révélera le droit aux nations.
2Il ne criera pas,
Il n’élèvera pas la voix
Et ne la fera pas entendre dans les rues.
3Il ne brisera pas le roseau broyé
Et il n’éteindra pas la mèche qui faiblit ;
Il révélera le droit selon la vérité.
4Il ne faiblira pas
Ni ne s’esquivera,
Jusqu’à ce qu’il ait établi le droit sur la terre,
Et que les îles s’attendent à sa loi.
5Ainsi parle Dieu, l’Éternel,
Qui a créé les cieux et qui les déploie,
Qui étend la terre et ses productions,
Qui donne la respiration à ceux qui la peuplent
Et le souffle à ceux qui la parcourent.
6Moi, l’Éternel, je t’ai appelé pour la justice
Et je te prends par la main,
Je te protège et je t’établis
Pour (faire) alliance avec le peuple,
Pour être la lumière des nations,
7Pour ouvrir les yeux des aveugles,
Pour faire sortir de prison le captif
Et de leur cachot les habitants des ténèbres.
8Je suis l’Éternel, c’est là mon nom ;
Et je ne donnerai pas ma gloire à un autre
Ni mon honneur aux statues.
9Voici que les premiers événements se sont accomplis
Et je vous en annonce de nouveaux ;
Avant qu’ils ne soient en germe,
Je vous les laisse entendre.

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