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L'Evangile de Luc

Leçon pour Ecole Biblique (enfants de 8 à 12 ans)

Ce dessous, de simples notes pédagogiques, sans autre prétention que de donner des pistes de lecture pour les adultes voulant initier des enfants à la lecture des textes cités.

Elles seront perfectionnées au fur et à mesure, et complétées d'éléments pédagogiques d'animation.

 

La parabole du riche et Lazare

Luc 16:19-31

Ce texte est très embêtant, il semble cautionner une image populaire de l’enfer et du paradis auquel nous ne croyons pas (ou pas vraiment). C’est le seul texte dans le Nouveau Testament où l’on a une telle vision de l’enfer comme lieu de tourment et de punition.

Il faut assumer cette difficulté et avoir le courage de dire qu’on peut être en difficulté devant un texte biblique, d’un point de vue pédagogique il est intéressant de montrer aux enfants qu’il peut y avoir dans la Bible un texte qu’on n’aime pas, ou dont on ne parvient pas à trouver le sens. Dire que le pasteur lui-même ne sait pas expliquer, et qu’ils n’ont qu’à demander à leurs parents ! C’est une manière d’empêcher le fondamentalisme ou un lecture purement doctrinale ou morale de la Bible.

On peut dire aussi que certains croient aux châtiments éternels, à l’enfer, et d’autres pensent qu’il faut faire de son mieux mais que de toute façon nous serons sauvés parce que Dieu nous aime. Chacun a sa conception des choses, et on peut rester frères et sœurs sans se fâcher.

Mais on n’est pas obligé d’être d’accord avec tous les textes de la Bible. Et là ce n’est pas juste parce qu’on n’aime pas le texte, mais aussi parce qu’il est incohérent par rapport à tout le reste de la prédication du Christ. Jésus a toujours prêché le pardon, la grâce et l’accueil de Dieu. Dans le reste de l’Evangile, Jésus est plutôt pour la grâce : Dieu nous sauve même si on est pécheur, parce qu’il nous aime, donc ce texte ne va pas bien avec le reste de l’Evangile. Pourtant ce texte est dans l’évangile, il faut tout de même y passer un peu de temps avant de dire qu’on n’est pas d’accord et pour essayer de comprendre ce que Jésus a bien voulu nous dire.Ce que l’on peut penser, c’est que Jésus reprend là une sorte de croyance populaire des juifs de son temps, il l’utilise pour faire passer un message. Donc il n’enseigne pas vraiment l’enfer et le paradis, mais il prend ça comme une image, une sorte de parabole pour dire quelque chose.En particulier, on peut dire que le message en gros est clair : ce qui est bien, c’est de partager et de se préoccuper du plus pauvre qui est à côté de soi, ou de celui qui a moins de chance.

Ensuite le texte nous montre d’une manière imagée et saisissante que cela est sans doute plus important qu’il n’y paraît, c’est l’enjeu fondamental de toute notre vie. Et il faut le faire dès maintenant, ce n’est pas quand on sera mort qu’il sera temps de partager et de se préoccuper des autres, c’est maintenant qu’il faut le faire.

Ensuite, même si Dieu nous pardonne et nous accueille, il y a dans notre vie des choses qui sont bien et des choses qui sont mal. Tout n’est pas équivalent. Nous sommes donc responsables de nos actes, et même si Dieu pardonne le mal que nous faisons, ça n’annule pas pour autant les conséquences du mal qu’on a pu faire. Il faut donc faire attention. Même s’il n y a pas de châtiment éternel comme ici, si il y a jugement, c’est qu’il y a du bien et du mal dans notre vie, ça c’est vrai. Et les conséquences, elles ne sont pas pour l’au-delà, mais dès cette vie présente. C’est vrai pour le mal qui est fait, il a des conséquences et il faut essayer de le réparer de son vivant.

Il faut se poser la question de comment l’on vit, du bien que l’on peut faire ou du mal qu’on risque de faire avant qu’il soit trop tard et qu’on soit mort. C’est au moment où l’on vit, et d’autant plus à celui où comme les jeunes on construit sa vie qu’il faut se poser ces bonnes questions. Ce que dit Jésus à la fin de la parabole, c’est qu’on ne peut pas dire, « je ne savais pas », le mode d’emploi est déjà donné tout l’essentiel se trouve dans la Bible, dans les prophètes et dans l’Evangile. Tout y est, et ça fait 3000 ans que la Bible le répète, dans l’Ancien Testament par les prophètes, puis par Jésus. il n’y a qu’à aller y puiser. Donc on le sait : il n’y a pas d’autre manière de bien vivre que de vouloir aimer, compatir, pardonner, servir et aider les autres.

Et puis ces conséquences, c’est peut-être aussi pour soi, même dans cette vie. Même pour soi, si on vit de haine, de jalousie et de violence, on se fait une vie malheureuse, triste et solitaire, si on vit d’amour, de pardon, d’amitié, on se fait une vie beaucoup plus heureuse et épanouie. Donc en fait, l’enfer et le paradis, on se les fait un peu sur Terre.Et puis enfin, plus complexe : une bizarrerie. A priori, le riche semble le bon et le pauvre le mauvais... Mais il ne faudrait : pas en conclure que forcément les riches sont méchants et les pauvres bons. En effet, dans la fin de notre parabole, il semble bien que ce soit le contraire, le riche se préoccupe des autres, alors que le pauvre Lazare se fiche totalement des autres et n’a aucune pitié pour qui que ce soit. Cela montre que tout n’est pas toujours blanc ou noir, et il se peut que celui qu’on n’être pas gentil et dur, en fait ait plus de cœur qu’on n’imaginait, et que celui qui semblait bien malheureux et dont on pouvait avoir pitié en fait n’était pas forcément si bon que ça. Chacun est sans doute un peu bon et un peu mauvais, on ne peut pas juger définitivement avec facilité.

Pauvre-Lazare

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